Kinshasa, 11 novembre 2025- Le colonel Mesmin Kakule, considéré comme le cerveau moteur du coup d’État manqué de mai 2024 contre le pouvoir en place, a reconnu lundi les faits qui lui sont reprochés, lors de l’audience tenue par la Haute cour militaire en foraine à la prison militaire de Ndolo à Kinshasa.
Cette comparution s’inscrit dans le cadre du procès ouvert après la tentative de putsch déjouée dans la nuit du 18 au 19 mai 2024, lorsque des hommes armés, dirigés par le Congolais-américain Christian Malanga, avaient pris d’assaut le Palais de la Nation, siège de la Présidence de la République, et certaines positions stratégiques de Kinshasa.
Les assaillants, arborant des uniformes militaires et diffusant des vidéos en direct sur les réseaux sociaux, avaient proclamé la chute du régime avant d’être rapidement neutralisés par les forces loyalistes. Christian Malanga avait trouvé la mort lors de l’opération de riposte menée par la Garde républicaine, tandis que plusieurs de ses complices, dont des officiers FARDC, avaient été capturés sur place.
À la barre, le colonel Mesmin Kakule est revenu sur son implication.
« J’ai été contacté par le prévenu Nzanzu, revenu du Canada. Au départ, il était question de créer une société minière. Mais il m’a ensuite révélé que le Rwanda, par le biais de multinationales, cherchait à renverser le régime en place à Kinshasa, accusé de collaborer avec ceux qui exploitent nos minerais. C’est ainsi qu’ils nous ont chargés de monter ce coup d’État, afin de nous installer et de prendre le contrôle de ces ressources », a-t-il reconnu devant les juges.
Ces aveux, jugés accablants, confirment selon le parquet général la dimension internationale du complot et la participation de plusieurs acteurs opérant à partir de l’étranger.
Le procès se poursuit à la prison militaire de Ndolo, sous forte surveillance, alors que la Haute cour militaire continue d’examiner les responsabilités individuelles dans cette affaire qui a profondément marqué l’opinion publique congolaise.
