Kinshasa, 12 novembre 2025- Le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe a repris mardi le procès concernant le braquage survenu le 16 octobre dernier dans une agence Rawbank de la capitale congolaise. Pour la première fois, des images issues des caméras de surveillance ont été projetées à l’audience, révélant des militaires et policiers présents sur les lieux pour assurer la sécurité, mais filmés en train de subtiliser des fonds.
Les vidéos ont montré en premier lieu le passage d’Honorine Porsche, considérée comme la principale suspecte. Les enregistrements du guichet B MoneyGram sont clairs : la femme, vêtue de noir, reçoit plusieurs liasses de billets de la caissière, Bénédicte, visiblement terrorisée, avant que l’incident ne prenne une tournure dramatique.
Peu après la fuite de Porsche, d’autres images montrent l’arrivée de membres des forces de l’ordre. Au lieu de sécuriser les lieux, ces agents apparaissent en train de prélever eux-mêmes de l’argent dans les caisses, un comportement dénoncé par les preuves vidéo.
Lors de l’audience, un colonel et un responsable de la sécurité, entendus comme témoins, ont reconnu certains individus filmés. Ils ont demandé que des captures d’écran soient extraites afin de permettre l’identification précise de tous les acteurs impliqués dans ce vol.
Le Tribunal a ensuite ordonné à l’auditeur militaire de saisir les agents identifiés, issus de la Police nationale congolaise et de la Task Force, et a chargé le ministère public de préparer les mesures disciplinaires et judiciaires appropriées. Par ailleurs, le médecin auteur d’un rapport sur l’état mental d’Honorine Porsche a confirmé ses conclusions, rappelant que son expertise avait été commanditée par l’ambassade d’Allemagne et une ONG internationale de défense des droits des femmes.
Après la confrontation avec les images et la présentation des preuves, le Tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au vendredi 14 novembre pour l’examen du réquisitoire du ministère public. L’audience a permis de mettre en lumière l’implication possible de membres des forces de l’ordre dans ce braquage.
