Kinshasa, 11 décembre 2025- Le gouvernement congolais voit la prise d’Uvira, une ville clé du Sud-Kivu, par la rébellion de l’AFC-M23 comme une preuve supplémentaire de ce qu’il nomme « l’agression rwandaise ». Cette escalade mettrait sérieusement en péril l’accord de paix qui avait été négocié sous l’égide de l’ancien président américain Donald J. Trump. Dans un communiqué publié mercredi, Kinshasa exprime sa vive inquiétude face à l’aggravation de la situation humanitaire à Uvira, directement liée à l’offensive massive lancée depuis plusieurs jours par les RDF le long de l’axe Kamanyola–Uvira.
« Dans cette aventure criminelle, des armes tactiques, notamment des drones kamikazes ont été utilisés, causant des pertes en vies humaines parmi les civils et des dégâts matériels considérables. Ces attaques constituent une violation flagrante du cessez-le-feu, des engagements pris dans le cadre des récents accords de paix, ainsi que des principes fondamentaux du droit international humanitaire. Le gouvernement déplore la dégradation rapide de la situation humanitaire : plus d’une centaine de cas de décès, plus de 200.000 nouveaux cas de déplacés et des milliers d’autres compatriotes contraints à la fuite, des infrastructures civiles endommagées, des blessés sans accès aux soins et des populations prises au piège des attaques », renseigne le gouvernement de la RDC.
Le gouvernement congolais tient à assurer de sa profonde solidarité et de sa compassion toutes les personnes touchées par cette violence, particulièrement les habitants d’Uvira. Ce document officiel souligne que la gravité de la crise est accentuée par la menace désormais très concrète d’une déstabilisation régionale. Il rappelle que, depuis le 4 décembre 2025, des obus d’artillerie tirés depuis les positions du RDF-M23 ont franchi la frontière du Burundi, illustrant clairement le potentiel destructeur de cette agression pour l’ensemble de la région des Grands Lacs.
« Le gouvernement prend note de la déclaration claire du Groupe de contact international (GCI) qui a identifié sans ambiguïté la responsabilité du Rwanda et de ses supplétifs du M23 dans l’escalade en cours. Face au mépris flagrant affiché par le Rwanda, il est important que des mesures contraignantes, notamment des sanctions, soient prises pour s’assurer de l’application de l’Accord de Washington conclu sous les auspices du Président américain, Son Excellence Donald J. Trump », ajoute le gouvernement de la RDC.
L’escalade sécuritaire dans la partie orientale de la RDC est survenue précisément au moment où les accords de Washington, signés entre Kinshasa et Kigali sous la supervision des États-Unis, étaient officialisés.
Alors que ces ententes visaient à consolider et à encourager la trêve tant espérée par les médiateurs et de nombreux partenaires de la RDC et du Rwanda, la situation a malheureusement viré au pire, marquée par une série d’accusations réciproques entre les deux nations concernant la responsabilité de cette dégradation actuelle.
Après la prise de Bukavu en février 2025, la capitale Kinshasa avait fait d’Uvira le siège provisoire de ses institutions dans les zones encore contrôlées par le gouvernement au Sud-Kivu.
La chute d’Uvira, désormais aux mains de l’AFC-M23, un groupe appuyé par le Rwanda et son armée, est perçue par le chef de la diplomatie burundaise comme une véritable « gifle » pour Washington, d’autant plus qu’elle intervient juste après la signature des accords censés ramener la paix dans la région.
Face à cette tournure des événements, le Qatar, en tant que médiateur, explore la possibilité d’organiser un nouveau cycle de discussions entre Kinshasa et l’AFC-M23, une initiative annoncée par le mouvement rebelle lui-même.
