Kinshasa, 12 décembre 2025- L’opposant congolais Martin Fayulu, s’exprimant lors d’une discussion en ligne sur France 24 jeudi, n’a pas mâché ses mots. Selon lui, l’accord de Washington représente un « piège » orchestré par le président rwandais Paul Kagame. Il a expliqué que ce pacte était, à son avis, prévisible, compte tenu des sanctions européennes et américaines imposées depuis janvier, ainsi que de la résolution 2773 de l’ONU, Kagame cherchant des moyens de contourner ces pressions.
Fayulu a poursuivi en affirmant que Kagame « a poussé Tshisekedi à un accord qu’il ne pensait, un accord dans lequel il ne croyait pas dans sa tête. Et aujourd’hui, on voit qu’il prépare la guerre. Il a un objectif bien précis, parce que cette guerre-là, vous le savez, c’est une guerre économique et une guerre des terres. » Abordant les tentatives de médiation du président américain Donald Trump entre la RDC et le Rwanda, Fayulu a clarifié sa position: « Je ne dirais pas qu’il est complice, qu’il a été complice. Je dirais simplement que Donald Trump voulait signer son accord de partenariat stratégique RDC-USA, et il l’a eu. » Il a ajouté que Trump avait l’intention de mettre fin aux hostilités, « mais il n’est pas dans le cœur de M. Kagame, qui lui, pensait à autre chose. »
Le président du parti ECiDé, Martin Fayulu, a décrit la situation de crise sécuritaire actuelle comme étant de nature sous-régionale, affectant non seulement la RDC et le Rwanda, mais également l’Ouganda, le Burundi et même la Tanzanie. Il a salué la bonne volonté de Trump pour stopper la guerre, mais a mis en lumière « l’hégémonie » de Kagame, dont les intentions divergeaient.
Ironiquement, presque immédiatement après que l’accord de paix ait été paraphé le 4 décembre à Washington par Paul Kagame et Félix Tshisekedi, en présence du président Trump, des affrontements violents ont éclaté de nouveau. Ces hostilités se sont manifestées dans la province du Sud-Kivu, une zone sensible qui partage des frontières avec le Rwanda et le Burundi.
La situation a dégénéré davantage le 10 décembre, lorsque les rebelles de l’AFC/M23, dont le soutien par l’armée rwandaise est notoire, ont pris le contrôle de la ville d’Uvira. Pendant ce temps, les capitales, Kigali et Kinshasa, se rejettent mutuellement la responsabilité des violations. Cette occupation d’Uvira est particulièrement significative, car elle représente la prise de la deuxième plus grande ville du Sud-Kivu, survenant après la chute de Bukavu, la capitale provinciale, au début de 2025.
