Kinshasa, 17 Janvier 2026- Le 17 janvier 1961 reste une date gravée au fer rouge dans la mémoire collective congolaise. Ce jour-là, Patrice Émery Lumumba, premier Premier ministre démocratiquement élu, était assassiné. Soixante-cinq ans plus tard, son nom continue de résonner comme un appel à la conscience nationale.
Lumumba et ses compagnons étaient jeunes. Ils pouvaient choisir la prudence, le silence ou l’exil. Ils ont préféré la liberté, en pleine connaissance du prix à payer. Car ils savaient que la liberté ne se mendie pas, elle se conquiert. Leur engagement, nourri par le refus de l’injustice et de l’humiliation, leur a coûté la vie.
Aujourd’hui, la question centrale demeure : avons-nous été dignes de leur sacrifice ?
Qu’avons-nous fait du Congo qu’ils nous ont légué au prix de leur sang ?
Le pays pour lequel Lumumba s’est battu est immensément riche, mais son peuple demeure majoritairement pauvre.
Les divisions internes, la mauvaise gouvernance et l’ingérence étrangère continuent d’affaiblir l’État. Pendant que l’essentiel se dégrade, nous nous réfugions trop souvent dans la distraction, l’indifférence ou la résignation.
Pourtant, l’histoire nous observe. Le sang versé par nos ancêtres, les atrocités subies sous la colonisation, les humiliations endurées au fil des décennies imposent une exigence morale : ne pas trahir le Congo.
Rendre hommage à Lumumba ne consiste pas seulement à citer son nom chaque 17 janvier. C’est refuser l’esclavagisme politique, combattre la corruption, défendre l’unité nationale et s’engager pour la paix. C’est aussi dire non à la division, non à la résignation, non à la perte de repères.
Dans le Kwango comme ailleurs, la responsabilité est collective. Aucun développement n’est possible sans réconciliation, sans cohésion sociale et sans conscience citoyenne.
Diviser les Congolais, c’est achever l’œuvre de ceux qui ont voulu détruire Lumumba et son idéal.
Soixante-cinq ans après son assassinat, une certitude demeure : Patrice Émery Lumumba n’est pas mort. Il vit dans chaque Congolais qui refuse la soumission et choisit l’engagement.
Le devoir de notre génération est clair celui de bâtir un Congo plus juste, plus uni et plus digne. C’est à ce prix que le sacrifice de Lumumba cessera d’être une douleur pour devenir une victoire.
