Kinshasa, 17 janvier 2026 – Alors que Kinshasa insiste que la crise actuelle dans l’Est de la RDC est avant tout sécuritaire et résulte d’une agression rwandaise, soutenant que tout dialogue ne peut se tenir qu’à Kinshasa, le juriste et analyste politique, Claude Baziluka affirme que cette lecture, bien que politiquement cohérente, apparaît cependant réductrice.
Se fiant à la rédaction d’enquete.cd ce samedi, Claude Baziluka développe que si l’on adhère à cette thèse, la crise oppose alors principalement la RDC au Rwanda, ce qui fait des négociations directes entre États un passage obligé pour mettre fin à l’occupation militaire et ramener la paix.
» Dans ce contexte, l’utilité d’un dialogue inclusif entre Congolais interroge, tant que les causes internes profondes, gouvernance défaillante, fractures sociales et faiblesse de l’État demeurent marginalisées. » A-t-il déclaré
Selon lui, la crise présente ainsi une double dimension dont interne, liée aux tensions politiques et sociales congolaises, et régionale, impliquant la RDC et le Burundi face au Rwanda, et dans une certaine mesure à l’Ouganda.
» Cette complexité limite la capacité de Kinshasa à imposer seul les termes du dialogue et interroge aussi son rôle dans l’échec de certaines initiatives antérieures. » A-t-il conclu.
Enfin, une question demeure dans l’opinion : la persistance de cette crise ne constitue-t-elle pas également un levier politique pour le président Félix Tshisekedi ? Sans trancher, cette interrogation mérite un débat ouvert.
Ce dernier souligne tout de même que la paix en République démocratique du Congo exige à la fois une réponse diplomatique régionale et des réformes internes profondes. Toute approche unidimensionnelle est vouée à l’échec.
