Kinshasa, 03 février 2026- Le mouvement rebelle M23/AFC a à travers un communiqué publié le lundi, exprimé sa vive inquiétude face à ce qu’elle qualifie de violences massives, systématiques et ciblées contre les populations civiles Banyamulenge dans la région de Minembwe et sur l’ensemble des Hauts Plateaux du Sud-Kivu.
Selon ce mouvement politico-militaire, ces violences seraient survenues à la suite du retrait de ses forces de la ville d’Uvira, un retrait qui aurait, d’après lui, profondément modifié l’équilibre sécuritaire dans la zone. L’AFC/M23 affirme que les Hauts Plateaux ont été transformés en une zone de militarisation intensive, marquée par un important déploiement de troupes et d’armements lourds.
Le communiqué met en cause des forces qualifiées de « coalisées », comprenant notamment les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les FDLR, des groupes armés Mai-Mai Wazalendo, ainsi que des mercenaires étrangers et des éléments des forces de défense burundaises.
Ces forces mèneraient, selon l’AFC/M23, des opérations coordonnées visant spécifiquement les populations Banyamulenge.
L’organisation évoque également des attaques répétées contre plusieurs villages densément peuplés au cours de la semaine écoulée.
Ces attaques auraient été caractérisées par des bombardements aériens intensifs, menés à l’aide de drones armés et d’avions de chasse de type Sukhoï-25. Des zones civiles auraient ainsi été touchées, aggravant la situation humanitaire déjà précaire dans la région.
Toujours selon l’AFC/M23, le retrait de ses troupes d’Uvira aurait laissé le champ libre à ces forces, accusées de commettre des massacres, d’imposer un blocus total autour de Minembwe et d’empêcher toute circulation des personnes et des biens.
Le communiqué fait état de destructions systématiques d’infrastructures civiles, notamment des habitations, des lieux de vie communautaire et des commerces. Les violences seraient toujours en cours au moment de la publication.
Le bilan humain et matériel reste, selon le mouvement, impossible à établir avec précision. L’AFC/M23 évoque une coupure totale de l’accès à Internet imposée par les autorités de Kinshasa, ainsi que le déplacement forcé de larges portions de la population civile, contraintes de se réfugier dans les forêts environnantes pour échapper aux violences.
Ces événements s’inscriraient, d’après le communiqué, dans une continuité d’attaques antérieures signalées depuis le 22 janvier 2026 dans plusieurs localités, notamment Mukoko, Gakenke, Point Zéro, Rugezi et Biziba, ainsi que des incursions répétées contre Kundondo, Mitamba et Kirungwa. Les violences se seraient poursuivies sans interruption jusqu’au matin du 2 février 2026.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités congolaises n’a encore été rendue publique concernant ces accusations. La situation dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu demeure toutefois extrêmement tendue, sur fond d’insécurité persistante et de préoccupations humanitaires croissantes.
