Kinshasa, 10 février 2026- Les victimes Banyamulenge des Hauts-Plateaux de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ont choisi de porter leur combat devant la Cour de justice de l’Afrique de l’Est (EACJ), qu’elles considèrent comme leur dernier recours face à des violences prolongées et à l’absence de protection.
Elles accusent le Burundi d’une responsabilité présumée dans de graves exactions, des bombardements répétés et des blocus ayant profondément affecté la vie des civils.
Selon les plaignants, ces violences ont entraîné des pertes humaines importantes, des déplacements massifs de populations et des traumatismes durables au sein de la communauté Banyamulenge.
Dépourvus de moyens de défense et se disant abandonnés par les mécanismes de protection existants, les survivants estiment que le recours à la justice régionale n’est plus un choix, mais une nécessité vitale pour briser ce qu’ils qualifient de cycle d’impunité.
Dans ce dossier, le Burundi a officiellement déposé sa réponse aux accusations devant la Cour.
Cette information a été confirmée par le porte-parole de l’armée burundaise, le général Gaspard Baratuza, lors d’une interview accordée à la BBC. Les autorités burundaises rejettent toute implication dans les faits reprochés, sans toutefois que le contenu détaillé de leur réponse n’ait été rendu public.
Cette démarche judiciaire intervient dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans les Hauts-Plateaux. Sur le terrain, des sources locales continuent de signaler des violences et des bombardements quasi quotidiens contre les civils Banyamulenge, aggravant une crise humanitaire déjà préoccupante dans l’est de la RDC.
Au-delà des accusations portées, cette affaire représente un enjeu majeur pour la justice régionale et la crédibilité des mécanismes juridiques de la Communauté d’Afrique de l’Est. La Cour de justice de l’Afrique de l’Est devra se prononcer sur la recevabilité des faits et, le cas échéant, sur la responsabilité éventuelle d’un État membre.
La question demeure ouverte : le Burundi échappera-t-il à toute responsabilité ou cette procédure marquera-t-elle un tournant décisif dans la lutte contre l’impunité dans la région des Grands Lacs ? Sous le regard attentif de la communauté internationale, les juges de l’EACJ sont désormais appelés à trancher une affaire aux lourdes conséquences humaines, politiques et juridiques.
