Kinshasa, 13 février 2026- L’ancien député provincial Mike Mukebayi estime que la récente offensive diplomatique du président Félix Tshisekedi auprès des États-Unis n’a pas produit les résultats attendus pour Kinshasa, en particulier sur la question sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, il affirme que plusieurs signaux apparus ces derniers jours les discussions de Luanda et de Lomé, l’attention portée par le Sénat américain à la logique de la résolution 559 de la Chambre des représentants, ainsi que la remise en selle soudaine du tandem CENCO-ECC convergent vers une même lecture : le « contrat de partenariat stratégique » brandi par le chef de l’État congolais n’aurait apporté aucun gain diplomatique concret à Washington.
Selon Mukebayi, la position américaine demeure encadrée par une exigence récurrente dans la crise régionale : la levée des mesures défensives du Rwanda serait conditionnée à la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un argument régulièrement avancé par Kigali pour justifier sa posture sécuritaire. Cette approche, estime-t-il, continue de structurer la diplomatie occidentale, au détriment des attentes congolaises qui espéraient un soutien plus ferme face à la progression du M23 et à l’instabilité persistante au Nord-Kivu.
Dans son analyse, Mike Mukebayi évoque également la résolution 559 adoptée par la Chambre des représentants américaine, qu’il attribue en partie à une action discrète de Moïse Katumbi, figure de l’opposition congolaise.
Pour lui, cet élément illustre que les dynamiques à Washington ne jouent pas nécessairement en faveur du pouvoir en place à Kinshasa, et que les équilibres diplomatiques restent complexes.
Le cœur de sa critique porte sur ce qu’il qualifie de « marché des dupes ». Selon l’ancien élu, Félix Tshisekedi aurait présenté au président américain Donald Trump une sorte de « chèque en blanc », sans garantie de contreparties concrètes de la part des États-Unis. Mukebayi regrette l’absence d’engagement diplomatico-sécuritaire clair, pourtant très attendu par Kinshasa dans l’espoir de modifier le rapport de forces sur le terrain dans l’Est du pays.
Il estime que la suite dépend désormais largement du bon vouloir du président américain, libre d’inscrire le montant qu’il souhaite sur ce « chèque » et d’en décider le moment d’exécution.
Cette sortie intervient alors que la RDC multiplie les initiatives diplomatiques pour obtenir un appui international face à une crise sécuritaire durable, dans un contexte où les médiations régionales peinent à produire des résultats tangibles. Pour Mukebayi, l’évolution actuelle confirme que la marge de manœuvre de Kinshasa reste étroite et que la politique américaine pourrait continuer à se déployer selon ses propres priorités, sans répondre pleinement aux attentes congolaises.
