Kinshasa, 25 avril 2026- Le gouvernement congolais a officiellement réagi à la vague d’attaques visant la Première ministre, annonçant la saisine de la justice face à ce qu’il qualifie de dérives graves dans l’espace public et numérique.
Réagissant à la multiplication de contenus jugés injurieux et diffamatoires, l’exécutif, à travers le ministère de la Communication et Médias, condamne « avec fermeté » les publications visant la cheffe du gouvernement Judith Suminwa Tuluka ainsi que d’autres responsables publics. Dans un communiqué daté du 25 avril 2026, les autorités évoquent une recrudescence d’attaques incluant injures, menaces, diffamations et autres formes d’atteintes à l’honneur.
Le gouvernement affirme que certains de ces agissements s’inscriraient dans des « campagnes coordonnées » de dénigrement et de manipulation de l’opinion, susceptibles de porter atteinte à la crédibilité des institutions, à la cohésion nationale et à l’autorité de l’État. Il rappelle toutefois que la liberté d’expression, garantie par la Constitution, doit s’exercer dans le respect des lois, de l’ordre public et des droits d’autrui.
Dans cette optique, Kinshasa annonce que les autorités judiciaires et les services compétents ont été saisis afin d’identifier les auteurs, co-auteurs et complices de ces actes, y compris ceux opérant dans l’anonymat ou depuis l’étranger.
Des poursuites pourraient être engagées conformément à la législation en vigueur contre toute personne impliquée dans des faits d’injures publiques, de harcèlement numérique ou d’incitation à la haine.
Cette sortie du gouvernement s’inscrit dans un contexte de fortes tensions, quelques jours après la polémique suscitée par l’intervention de Judith Suminwa Tuluka sur TV5 Monde. La Première ministre y avait défendu l’accord conclu avec les États-Unis sur l’accueil temporaire de migrants expulsés, évoquant un « service rendu à l’Amérique » et assurant leur prise en charge par Washington.
Ses propos avaient toutefois provoqué de vives réactions, notamment en raison du flou entourant la nationalité exacte des migrants concernés, la cheffe du gouvernement se limitant à évoquer des ressortissants d’Amérique latine. Cette absence de précisions avait alimenté critiques et interrogations sur la gestion du dossier.
Dans la foulée, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, était également intervenu pour dénoncer la banalisation des insultes dans le débat public, appelant à un usage responsable des réseaux sociaux.
Avec cette nouvelle prise de position, le gouvernement entend désormais passer à une étape plus ferme en judiciarisant le dossier, tout en appelant les citoyens à préserver la dignité du débat public et le vivre-ensemble.
