Goma, 1er mai 2026-La deuxième phase de la campagne de vaccination contre la poliomyélite a été officiellement lancée à Goma, avec l’ambition de protéger plus de 2,4 millions d’enfants dans le Nord-Kivu. Dans un contexte marqué par la circulation persistante de souches dérivées du virus dans l’est de la République démocratique du Congo, les autorités sanitaires intensifient la riposte pour contenir la propagation.
Le coup d’envoi a été donné jeudi 30 avril dans la ville de Goma, point de départ d’une opération de grande envergure ciblant les enfants âgés de 0 à 59 mois.
Cette deuxième vague élargit la couverture vaccinale à 19 zones de santé, incluant non seulement Goma, mais aussi les territoires de Lubero, Masisi, Nyiragongo et Rutshuru, jusque-là non concernés par la première phase.
Sur le terrain, les équipes de vaccination sont déployées pour atteindre les ménages, avec pour objectif de renforcer rapidement l’immunité collective dans une province particulièrement exposée.
Les autorités sanitaires mettent en avant la nécessité d’agir sans délai face aux risques accrus de transmission, notamment en raison de la mobilité des populations et de la proximité avec des zones déjà touchées.
Le Dr Hans Batey, responsable du Programme élargi de vaccination (PEV) au Nord-Kivu, insiste sur la vulnérabilité de la province.
Il souligne que la proximité avec le Maniema, où des cas de poliovirus dérivé ont été signalés, constitue une menace directe. Selon lui, la détection d’un cas signifie généralement que plusieurs enfants ont déjà été exposés, rendant indispensable une réponse rapide et massive.
Pour les autorités, cette campagne organisée en deux étapes répond à des contraintes logistiques, mais aussi à la nécessité de couvrir progressivement l’ensemble des zones à risque. L’enjeu reste d’éviter une résurgence plus large de la maladie, dans une région où les défis sécuritaires et humanitaires compliquent l’accès aux populations.
Au-delà de l’opération en cours, les acteurs de la santé appellent à une mobilisation communautaire accrue afin d’assurer l’adhésion des parents et garantir le succès de cette campagne, considérée comme déterminante dans la lutte contre la poliomyélite dans l’est du pays.
