Kinshasa, 9 mai 2026- L’Institut de recherche en droits humains (IRDH) a adressé, ce samedi 9 mai 2026, un mémorandum à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka pour dénoncer la poursuite de la spoliation de la concession de l’INERA/Kipopo et des terrains voisins situés à Kashimbala, dans le territoire de Kipushi, au Haut-Katanga.
Dans ce document de douze pages, l’IRDH accuse le Gouvernement de maintenir un silence face à l’occupation illégale des terres appartenant à l’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (INERA), ainsi qu’aux concessions de la succession Kabongo-a-Kabongo et Mwando Nsimba.
Selon cette organisation, des individus identifiés comme Kasongo Lumbala Freddy et ses complices poursuivent, « en toute impunité », des travaux de lotissement, d’occupation et de vente illégale de parcelles sur une superficie estimée à 8 000 hectares au village Kashimbala, dans le groupement Inakiluba, chefferie Kaponda.
L’IRDH rappelle que, lors de la 76e réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue le 30 janvier 2026 sous la présidence du chef de l’État Félix Tshisekedi, cette affaire avait pourtant été classée au rang d’« urgence nationale ».
Le Gouvernement avait alors reconnu l’existence d’une présumée complicité impliquant certains hauts gradés des FARDC, de la Police nationale congolaise ainsi que des magistrats dans ce dossier foncier sensible.
À cette occasion, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation avait recommandé la mise en place urgente d’une commission interministérielle de crise sous la coordination de la Primature, avec l’implication des ministères de la Défense, de l’Intérieur, de la Justice, des Mines, des Affaires foncières ainsi que de l’Urbanisme et Habitat.
Cependant, plus de trois mois après cette décision, l’IRDH déplore l’absence de mesures concrètes sur le terrain et estime que cette inertie favorise l’accélération des constructions illégales durant la saison sèche de 2026.
L’organisation affirme également que plusieurs démarches judiciaires engagées devant le Parquet général près la Cour d’appel du Haut-Katanga et l’Auditorat militaire supérieur n’ont jusque-là produit aucun résultat tangible.
Dans son mémorandum, l’IRDH appelle la Première ministre à ordonner le déploiement immédiat d’une force chargée d’identifier et d’interpeller les officiers et magistrats soupçonnés de collusion avec les spoliateurs, afin de stopper les travaux en cours, sécuriser les concessions concernées et rétablir les propriétaires dans leurs droits.
