Bukavu, 26 mai 2026- À Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, la dégradation de la situation sécuritaire et économique pousse plusieurs journalistes à abandonner temporairement leur métier pour se tourner vers des activités de survie. Dans cette ville marquée par les tensions et l’instabilité, exercer le journalisme devient de plus en plus difficile pour de nombreux professionnels des médias.
Le journaliste Benjamin Marhegeko figure parmi ceux qui ont été contraints de changer momentanément d’activité. Confronté aux pressions liées à l’exercice de son métier dans une zone sous occupation rebelle, il a choisi de se reconvertir dans la maçonnerie afin de subvenir aux besoins de sa famille.
Selon plusieurs témoignages, les journalistes évoluent aujourd’hui dans un climat marqué par les intimidations, la peur, les menaces sécuritaires et la précarité économique.
Certains affirment ne plus disposer des garanties minimales pour travailler librement, tandis que d’autres préfèrent suspendre leurs activités médiatiques pour préserver leur sécurité et celle de leurs proches.
Des proches de Benjamin Marhegeko expliquent qu’il s’est retrouvé « entre le marteau et l’enclume », obligé de choisir entre poursuivre un métier devenu risqué ou exercer une activité modeste mais honnête pour survivre dans un contexte difficile.
Dans plusieurs zones affectées par le conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo, des médias fonctionnent désormais au ralenti. Plusieurs journalistes se tournent vers le petit commerce, les travaux manuels ou d’autres activités informelles pour faire face aux réalités économiques imposées par la crise.
Cette situation alimente les inquiétudes autour de la liberté de la presse et de l’accès à une information fiable dans les zones touchées par les conflits armés, alors que les populations locales continuent de vivre dans un environnement sécuritaire fragile.
