Goma, 6 juin 2026- La nomination d’un nouveau comité dirigeant à l’Université de Goma (UNIGOM) par les rebelles du M23/AFC continue de susciter des inquiétudes au sein de la communauté universitaire. Alors que les autorités nationales ont officiellement rejeté ces désignations, la situation crée un climat d’incertitude qui pourrait avoir des conséquences importantes sur l’avenir académique de milliers d’étudiants.
Le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) a récemment rappelé que toute nomination des responsables des établissements publics relève exclusivement des institutions légalement habilitées de la République démocratique du Congo.
Dans ce contexte, les décisions prises par l’administration mise en place par les rebelles à Goma sont considérées comme dépourvues de valeur juridique par Kinshasa.
Cette divergence de positions place les étudiants et le personnel de l’Université de Goma dans une situation délicate.
Plusieurs observateurs craignent que les actes académiques signés par des autorités non reconnues par l’État congolais puissent être contestés à l’avenir, notamment en ce qui concerne les diplômes, relevés de notes, attestations de réussite et autres documents officiels.
À l’approche de la clôture de l’année académique, les préoccupations grandissent parmi les étudiants. Beaucoup redoutent que les efforts consentis durant plusieurs années d’études soient compromis par un conflit de légitimité administrative qui les dépasse.
Des sources universitaires estiment que si cette situation perdure, les nouveaux diplômés ainsi que les étudiants en cours de formation pourraient rencontrer des difficultés dans la reconnaissance nationale et internationale de leurs titres académiques. Une telle éventualité risquerait d’affecter leur insertion professionnelle ainsi que la poursuite d’études dans d’autres institutions.
Face à cette crise, les autorités nationales réaffirment leur volonté de préserver le cadre légal de l’enseignement supérieur et insistent sur le caractère apolitique des universités.
Elles appellent au respect des textes régissant le secteur afin de garantir la validité des parcours académiques des étudiants.
Dans une région marquée par l’instabilité sécuritaire, l’avenir administratif de l’UNIGOM demeure ainsi au cœur des préoccupations.
Pour de nombreux étudiants, l’enjeu dépasse désormais la seule question de gouvernance universitaire : il concerne également la reconnaissance et la valeur des diplômes obtenus au prix de plusieurs années d’efforts et de sacrifices.
