Kinshasa, 30 juin 2026- Le maire de la ville de Tshikapa, Faustin Lumuluabu, a rejeté les accusations selon lesquelles il aurait publiquement déchiré un exemplaire de la Constitution de la République démocratique du Congo lors d’un meeting politique. Au cours d’un point de presse, l’autorité urbaine a affirmé que le geste qu’il avait posé était uniquement symbolique et qu’il concernait une simple feuille de son carnet, et non la loi fondamentale.
« En ma qualité de scientifique, je ne peux pas déchirer un livre scientifique, quel qu’il soit. Avocat de mon état et enseignant de droit constitutionnel, je connais la portée de ce que l’on appelle la Constitution », a déclaré Faustin Lumuluabu, rejetant les accusations portées contre lui.
La polémique est née après la diffusion de vidéos montrant le maire effectuant un geste interprété par plusieurs observateurs comme la destruction d’une copie de la Constitution. Les images ont rapidement suscité une vague de réactions dans l’opinion publique et au sein de la classe politique.
En réaction, l’Assemblée provinciale du Kasaï avait adopté, à l’unanimité, une recommandation demandant au gouverneur de province de suspendre le maire de Tshikapa, estimant que les faits reprochés méritaient des mesures conservatoires.
Estimant que ses droits n’avaient pas été respectés, Faustin Lumuluabu a soutenu qu’il aurait dû être entendu avant toute recommandation de suspension. Il a réaffirmé qu’il n’avait jamais porté atteinte à la Constitution et que les accusations reposaient sur une mauvaise interprétation de son geste.
Entre-temps, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a décidé de suspendre à titre conservatoire le maire de Tshikapa de ses fonctions. Cette mesure intervient dans l’attente de l’aboutissement de la procédure engagée à son encontre, tandis que le maire adjoint est appelé à assurer l’intérim.
Par ailleurs, Faustin Lumuluabu a assumé sans ambiguïté sa position en faveur d’une révision de la Constitution. Il estime que soutenir une réforme de la loi fondamentale relève d’un débat démocratique et ne saurait être assimilé à un acte de profanation de la Constitution.
