Fizi, 6 juillet 2026- La situation sécuritaire demeure extrêmement tendue dans les hauts plateaux du territoire de Fizi, au Sud-Kivu, où les autorités locales font état d’une dégradation continue marquée par des bombardements et des violences armées ayant causé de lourdes pertes humaines depuis la mi-juin.
L’administrateur du territoire de Fizi, Samy Kalonji Badibanga, a dénoncé dimanche une série de frappes ayant touché plusieurs localités, notamment Point Zéro, Mikenge, Kalingi, Katenge et leurs environs, qu’il affirme être ciblées depuis le 18 juin 2026 par des drones et des moyens aériens. Selon lui, ces attaques ont provoqué une crise humanitaire aiguë dans la zone.
« Cela fait exactement deux semaines, depuis le 18 juin 2026, que Fizi est en deuil. Plus de cinquante personnes ont été tuées, parmi lesquelles des femmes enceintes, des écoliers, des élèves, des enfants, des déplacés internes ainsi qu’un partenaire humanitaire », a-t-il déclaré, évoquant des actes qu’il qualifie de graves violations du droit international humanitaire.
L’autorité territoriale affirme également que plusieurs infrastructures civiles ont été détruites ou endommagées. Églises, écoles, champs, marchés et lieux de culte seraient touchés, paralysant les activités socio-économiques et plongeant les populations dans un climat de peur permanente.
Samy Kalonji Badibanga accuse par ailleurs une coalition rebelle active dans les hauts et moyens plateaux, composée notamment de RDF, Red Tabara, FNL et Twirwaneho, d’être responsable de graves violations des droits humains dans la zone. Il évoque également la présence de combattants étrangers, notamment kényans et somaliens, au sein de cette coalition, des allégations qui n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Au nom du gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, il a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé la solidarité des autorités provinciales face à cette tragédie qui frappe plusieurs communautés.
Dans ce contexte, l’administrateur du territoire a réaffirmé son soutien aux initiatives du président de la République, Félix Tshisekedi, visant à restaurer durablement la paix dans l’est de la RDC. Il a également appelé les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les combattants Wazalendo à poursuivre la défense du territoire.
S’adressant aux forces engagées sur le terrain, Samy Kalonji Badibanga a exhorté à la résistance en ces termes : « Mourir n’est rien, mais vivre sans gloire, c’est mourir tous les jours. Défendez la terre de nos aïeux jusqu’au sacrifice suprême ».
À la population, il a lancé un appel à l’unité et à la cohésion sociale, insistant sur la nécessité de barrer la route aux divisions, à la haine et au tribalisme, afin de préserver le vivre-ensemble intercommunautaire malgré la guerre.
Par ailleurs, l’administrateur a invité les habitants de Fizi à faire preuve de résilience et d’espoir, réaffirmant la détermination des autorités à restaurer la sécurité et la stabilité dans cette partie du Sud-Kivu en proie à des violences récurrentes.
