Goma, 12 juillet 2026- Dans plusieurs zones sous occupation rebelle au Nord-Kivu, la population affirme être confrontée à une pression fiscale devenue insoutenable. Pour évacuer quelques sacs de produits agricoles, cultivateurs et petits commerçants sont contraints de s’acquitter de taxes dont les montants sont jugés excessifs au regard de leurs revenus.
Des quittances consultées font notamment état de paiements de 9 000 FC, 18 000 FC et 45 000 FC pour l’évacuation de produits agricoles.
Pour des ménages déjà frappés par l’insécurité, les déplacements forcés et la baisse de leurs activités économiques, ces prélèvements représentent une charge supplémentaire qui réduit davantage leurs faibles revenus.
Au-delà des montants réclamés, un autre élément attire l’attention : la qualité des documents délivrés. Plusieurs quittances comportent des erreurs d’écriture, des mentions difficilement lisibles ainsi que des informations incomplètes. Même l’identité des contribuables est parfois inscrite de manière approximative, ce qui soulève des interrogations sur le niveau de qualification des personnes chargées de la perception de ces taxes.
Ces irrégularités alimentent les inquiétudes des habitants, qui s’interrogent sur la destination réelle des fonds collectés et sur les critères ayant servi à fixer ces montants. Beaucoup estiment que ces prélèvements s’ajoutent aux nombreuses difficultés auxquelles ils font déjà face dans les territoires touchés par le conflit.
Dans ces zones, où l’accès aux services publics est fortement perturbé et où les activités économiques fonctionnent au ralenti, les producteurs agricoles dénoncent une situation qui fragilise davantage leur capacité à vivre de leur travail. Plusieurs craignent que la multiplication de ces taxes ne décourage la production et le commerce des denrées agricoles, avec des conséquences directes sur la sécurité alimentaire des populations locales.
