Kinshasa, 28 juillet 2026- La validation de la loi référendaire par la Cour constitutionnelle continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique congolaise. Parmi les voix les plus critiques figure celle de l’opposant Claudel Lubaya, qui accuse le pouvoir de Félix Tshisekedi d’avoir franchi une étape décisive dans son projet de réforme institutionnelle.
Dans une déclaration publiée peu après l’arrêt de la haute juridiction, Claudel Lubaya estime que la Cour constitutionnelle a fait sauter le dernier verrou de la légalité constitutionnelle en déclarant conforme à la Constitution le projet de loi sur l’organisation du référendum. Selon lui, cette décision ouvre la voie à une remise en cause de l’architecture institutionnelle établie par la Constitution du 18 février 2006.
L’opposant considère que la Cour a abandonné son rôle de garante de l’État de droit pour devenir un instrument de légitimation juridique du pouvoir en place. Il affirme que cette décision pourrait favoriser des modifications constitutionnelles susceptibles de remettre en question les principes démocratiques, notamment celui de l’alternance au sommet de l’État.
Claudel Lubaya s’en est également pris aux acteurs politiques et religieux qui avaient privilégié la voie du dialogue. Il estime que la Coalition C64, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) ont été trompées par les engagements du pouvoir, accusant ce dernier d’avoir utilisé les appels au dialogue pour gagner du temps et désamorcer la mobilisation citoyenne.
L’ancien député a notamment exprimé sa solidarité envers le cardinal Fridolin Ambongo, dont il salue la volonté de préserver la stabilité du pays. Selon lui, le prélat aurait accordé sa confiance à une initiative dont les objectifs réels ne lui auraient pas été clairement exposés.
Revenant sur la suspension des manifestations décidée par la C64, Claudel Lubaya parle d’une erreur stratégique ayant permis au pouvoir de bénéficier d’un climat plus favorable pour faire aboutir son projet référendaire. Il estime que ce qui devait constituer une pause tactique s’est finalement transformé en avantage politique pour la majorité au pouvoir.
Face à cette nouvelle donne, l’opposant appelle la C64 à reprendre l’initiative politique et à relancer la mobilisation populaire autour de la défense de la Constitution et de l’État de droit. Selon lui, les conditions d’un dialogue crédible se sont considérablement dégradées et imposent désormais une redéfinition de la stratégie de l’opposition.
