Kinshasa, 4 août 2026-Une enquête publiée par The Continent révèle l’existence présumée d’une cellule d’influence numérique liée aux autorités rwandaises, chargée de promouvoir la position de Kigali sur les réseaux sociaux, notamment dans le contexte de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon cette enquête menée par Michela Wrong et James Okong’o, une fuite administrative aurait permis de découvrir un document Google Sheets contenant des informations sur une équipe de neuf personnes présentées comme des agents d’influence financés par l’État rwandais.
Le fichier, laissé accessible publiquement par erreur, détaillerait les noms des membres de cette cellule, leurs fonctions, leurs équipements ainsi que leur budget annuel.
D’après les éléments rapportés, cette structure serait rattachée au Bureau de la porte-parole du gouvernement rwandais (OGS), dirigé par Yolande Makolo.
Le budget annuel indiqué dans le document s’élèverait à 124,1 millions de francs rwandais, soit environ 85 000 dollars américains, couvrant les rémunérations, les équipements électroniques, les crédits de communication et les forfaits internet.
D’après l’Enquête, les neuf personnes identifiées auraient pour mission principale d’intervenir sur la plateforme X (anciennement Twitter) afin d’influencer les discussions publiques autour de la situation dans l’est de la RDC, où Kigali est accusé par Kinshasa et plusieurs rapports internationaux de soutenir la rébellion du M23, accusations rejetées par les autorités rwandaises.
L’enquête affirme également qu’une analyse de près de 60 000 publications attribuées à ces comptes aurait mis en évidence plusieurs axes de communication : contester les accusations de soutien rwandais au M23, associer les Forces armées de la RDC (FARDC) aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et présenter l’intervention du Rwanda comme une action de protection de la communauté tutsi dans l’est congolais.
Toujours selon The Continent, la stratégie ne se limiterait pas à la diffusion de messages favorables à Kigali.
Elle inclurait également des actions coordonnées visant à discréditer des journalistes, chercheurs ou organisations dénonçant l’implication présumée du Rwanda dans le conflit congolais, ainsi que des campagnes de signalements massifs contre certains comptes critiques sur X.
Les autorités rwandaises n’ont pas reconnu les faits rapportés dans cette enquête et continuent de rejeter les accusations portées contre elles concernant leur implication dans le conflit.
