Goma, 10 août 2026- Un jeune homme de 25 ans, porté disparu depuis son arrestation le 4 septembre 2025 à Goma, a été retrouvé mort et inhumé, selon des informations communiquées à ses proches le 8 août dernier.
D’après le témoignage relayé par Jules Ngeleza, acteur de la société civile et défenseur des droits humains, Chubaka Buhendwa Josué Maroy avait été arrêté pour des accusations présumées de collaboration avec les FDLR. Son arrestation aurait été effectuée sur ordre de Sultani Makenga, responsable militaire du M23.
Pendant près d’une année, ses proches affirment avoir recherché sa trace dans plusieurs lieux de détention attribués au M23 à Goma, sans obtenir d’informations précises sur son sort.
La famille dit finalement avoir appris sa mort et son inhumation auprès d’un officier de sécurité du mouvement.
Depuis, les rites de deuil ont débuté dans son quartier à Goma, mettant fin à plusieurs mois d’incertitude pour ses proches, sans toutefois apporter de réponses sur les circonstances exactes de son décès.
Le cas de Chubaka Buhendwa intervient dans un contexte où les arrestations et détentions imputées au M23 sont devenues une source récurrente d’inquiétude dans les zones sous son contrôle.
Dans un rapport publié en juin 2026, Human Rights Watch a documenté des arrestations massives, des détentions au secret et des traitements inhumains ou potentiellement mortels visant notamment des civils, particulièrement des jeunes hommes.
L’organisation fait également état de personnes enlevées dans les rues ou à leur domicile, puis conduites vers des centres de détention officiels ou informels et parfois vers des lieux tenus secrets.
À Goma, les inquiétudes ne concernent pas uniquement les personnes arrêtées.
Des cas d’enlèvements et de disparitions sont régulièrement rapportés, tandis que la découverte de corps sans vie alimente les craintes au sein de la population.
En juin dernier, deux corps avaient notamment été retrouvés dans les eaux du lac Kivu, dans un contexte où des habitants dénonçaient de possibles exécutions de personnes qui auraient été arrêtées quelques jours auparavant.
Des organisations et acteurs locaux des droits humains ont également alerté sur la multiplication des enlèvements et sur la découverte de dépouilles dans et autour de Goma.
Le Conseil communal de la jeunesse de Goma avait, en juin 2026, dénoncé la découverte de corps sans vie sur le lac Kivu et exprimé son inquiétude face à la multiplication des cas d’enlèvements.
La situation touche également des responsables communautaires. Plusieurs chefs de quartiers de Goma et de Nyiragongo auraient notamment été contraints par le M23 de se rendre à Chanzu pour une formation, certains proches affirmant être restés plusieurs semaines sans nouvelles d’eux.
Au-delà de ce nouveau deuil, la question demeure celle du sort des personnes arrêtées dans les zones contrôlées par le M23 et dont les familles restent parfois sans nouvelles.
