Lubumbashi, 17 août 2026- L’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA) de Kipopo souhaite renouer avec la Société minière du Katanga (SOMIKA) et reprendre la table des négociations. Malgré les différends qui les opposent depuis plusieurs années, l’institut considère toujours la société minière comme un partenaire avec lequel il souhaite poursuivre les relations.
Le cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga tente aujourd’hui de faciliter ce rapprochement. Une délégation conduite par son président, Ghislain Kalwa Chula, s’est rendue ce lundi 17 août à l’INERA Kipopo pour échanger avec les responsables de l’institut et examiner les possibilités de reprise des discussions avec SOMIKA.
SOMIKA accusée en juin, les résultats de premières échantillons révèlent le contraire
Les dernières tensions ont notamment porté sur des accusations de pollution formulées contre SOMIKA en juin. Des préoccupations avaient été soulevées concernant notamment la qualité de l’eau et son aspect.
Face à ces accusations, SOMIKA avait décidé de procéder à des analyses afin de vérifier scientifiquement la situation.
Les résultats présentés par la société minière avaient révélé un pH compris entre 8 et 8,5, ce qui avait permis, selon SOMIKA, d’écarter l’hypothèse d’une pollution acide autour de ses installations.
La société avait également expliqué que certaines traces blanchâtres observées dans la zone pouvaient être liées à la chaux utilisée dans le traitement des effluents et ne constituaient pas, à elles seules, une preuve de pollution.
L’Assemblée provinciale descend sur le terrain
Parallèlement, l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga avait effectué une descente sur le terrain afin de vérifier les faits rapportés concernant une éventuelle pollution.
Des échantillons ont été prélevés au cours de cette démarche. Les résultats de ces analyses officielles sont encore attendus.
Pour SOMIKA, cette étape est importante dans la mesure où elle doit permettre de déterminer, sur base d’éléments techniques, s’il existe réellement une pollution liée à ses activités.
La société minière estime ainsi qu’ayant été mise en cause, elle doit pouvoir obtenir une clarification définitive sur les accusations portées contre elle.
SOMIKA veut une clarification avant de reprendre pleinement les relations
SOMIKA dit ne pas s’opposer à la reprise des relations avec l’INERA. Cependant, la société souhaite que la question des accusations soit d’abord clarifiée.
Pour son directeur général, Patrick Baruti, il est nécessaire de savoir clairement s’il y a pollution ou non avant d’engager de nouveaux projets ou de reprendre certains travaux au profit de l’INERA.
La société minière souhaite également que, si les accusations ne sont pas confirmées par les analyses, l’INERA puisse le reconnaître clairement afin de mettre fin aux incompréhensions qui affectent son image.
Un conflit qui remonte à 2021
Les différends entre les deux partenaires ne datent pas de cette année. En 2021 déjà, l’INERA avait exprimé des préoccupations autour d’une éventuelle pollution.
Selon Patrick Baruti, une commission comprenant notamment des représentants de la société civile et le chef du village avait alors été mise en place pour examiner la situation. D’après le responsable de SOMIKA, les conclusions de cette démarche n’avaient pas établi l’existence d’une pollution.
La société minière rappelle également avoir réalisé plusieurs interventions dans le cadre du social, au profit de l’INERA, notamment des travaux effectués en 2017 au niveau du petit pont vers Kibunduka ainsi que d’autres travaux entrepris en 2021.
Certains de ces travaux avaient toutefois été interrompus. L’ingénieur désigné par INERA évoquait la raison liée à la saison des pluies. Jusque-là, ce dernier n’est jamais revenu.
Aujourd’hui, l’INERA souhaite revenir à la table des négociations, signe que malgré les différends et les accusations formulées ces dernières années, l’institut entend préserver ses relations avec SOMIKA.
La société civile veut accompagner cette reprise du dialogue. Mais pour SOMIKA, la confiance doit également passer par une clarification scientifique et officielle de la question de la pollution.
Les résultats des échantillons prélevés par l’Assemblée provinciale sont donc particulièrement attendus pour permettre aux deux parties de disposer d’une base claire avant la poursuite de leur collaboration.
