Kinshasa, 12 août 2026- Les autorités judiciaires de la République du Congo ont remis mardi à leurs homologues de la République démocratique du Congo trois ressortissants congolais dans le cadre de la coopération judiciaire entre Kinshasa et Brazzaville.
Cette opération intervient alors que les deux pays entendent renforcer leurs mécanismes de collaboration judiciaire.
Parmi les personnes remises figurent deux membres d’une même famille, interpellés le 5 août 2026 à l’aéroport international Maya-Maya de Brazzaville alors qu’ils détenaient des passeports diplomatiques congolais. Selon une source officielle, ces documents, délivrés à Kinshasa le 11 novembre 2024, auraient été obtenus dans des circonstances faisant actuellement l’objet de vérifications.
Les trois ressortissants ont été remis à la justice congolaise afin de permettre la poursuite des investigations et l’établissement des responsabilités, conformément aux procédures légales en vigueur.
Cette remise intervient dans le contexte de la coopération judiciaire entre les deux Congo, notamment sur la base de l’accord conclu en 1978.
Ce cadre avait récemment été évoqué lors de la mission à Brazzaville du ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux de la RDC, Guillaume Ngefa.
Qu’en est-il de Beni Mukena ?
Cette nouvelle opération judiciaire relance toutefois une interrogation qui reste sans réponse claire dans l’opinion : Beni Mukena, présenté comme le principal suspect dans l’assassinat de l’entrepreneur Vally Amisi, figure-t-il parmi les personnes remises à Kinshasa ?
À ce stade, aucune information officielle ne permet d’affirmer que Mukena fait partie des trois ressortissants remis mardi par Brazzaville.
Les autorités n’ont pas communiqué l’identité complète des personnes concernées, ce qui ne permet donc pas de l’inclure dans ce groupe.
Pourtant, le dossier Vally Amisi demeure particulièrement sensible. Le parquet de grande instance de Kinshasa/Gombe avait lancé un avis de recherche contre Beni Mukena après la découverte du corps sans vie de l’homme d’affaires à Kinshasa en avril 2026.
Le principal suspect avait ensuite été annoncé comme arrêté en Afrique du Sud, à la suite d’une collaboration impliquant notamment Interpol et les services congolais.
Des informations publiées à l’époque faisaient état de démarches en vue de son extradition vers la RDC, où il devait être présenté au parquet de Kinshasa/Gombe.
Une extradition toujours attendue
Plusieurs semaines après cette arrestation annoncée, la question de la suite de la procédure reste donc posée.
La famille de Vally Amisi avait déjà appelé les autorités congolaises à accélérer l’extradition du suspect afin qu’il puisse répondre devant la justice congolaise.
Dès lors, la remise de trois ressortissants congolais par Brazzaville à Kinshasa remet cette affaire au centre des interrogations : si la coopération judiciaire entre les deux capitales permet aujourd’hui le transfert de personnes interpellées à Brazzaville, où en est concrètement la procédure concernant Beni Mukena ?
La coopération judiciaire entre Kinshasa et Brazzaville, désormais mise en avant à travers cette nouvelle remise, pourrait également constituer un cadre pour clarifier le sort de plusieurs dossiers judiciaires transfrontaliers, dont celui de Vally Amisi.
