Kinshasa, 18 août 2026- Le passage de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) d’un rythme de deux à quatre ans risque de coûter cher à la Confédération africaine de football (CAF), estime Constant Omari.
Intervenant dans un espace animé par Stanis Bujakera, l’ancien dirigeant de la CAF considère que cette décision résulte notamment de la pression exercée par les clubs européens, régulièrement confrontés à la libération de leurs joueurs africains pendant la CAN.
Pour Constant Omari, la CAF « a cédé à la pression des équipes européennes » en optant pour un intervalle de quatre ans. Il estime que cette nouvelle périodicité privera la confédération d’une importante source de revenus, alors que la CAN constitue historiquement son principal produit financier.
La CAN est organisée tous les deux ans depuis sa première édition en 1957. Le changement annoncé par la CAF prévoit une dernière séquence avec les éditions 2027, au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, puis 2028, avant l’instauration du cycle quadriennal à partir de 2032.
La CAF a parallèlement annoncé la création d’une Ligue des nations africaine à partir de 2029 afin de maintenir une compétition majeure chaque année, sauf durant les années de Coupe du monde.
Selon plusieurs estimations, la CAN représente environ 80 % des revenus de la CAF. Une analyse publiée en août 2026 indique que le passage à un cycle de quatre ans aurait fait perdre à la confédération la possibilité de générer jusqu’à un milliard de dollars de revenus potentiels sur huit ans.
La CAF justifie, de son côté, cette réforme par la nécessité d’harmoniser le calendrier international, de réduire les tensions entre clubs européens et sélections africaines et de créer de nouvelles sources de revenus grâce notamment à la Ligue des nations africaine. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a également rejeté les accusations selon lesquelles la décision aurait été imposée par la FIFA.
Pour Constant Omari, cette réforme soulève donc une question fondamentale sur les intérêts prioritaires de la CAF et du football africain, alors que la CAN demeure l’une des principales vitrines sportives et économiques du continent.
