Kinshasa, 21 août 2026- L’ancien vice-président de la République, Azarias Ruberwa, a exprimé jeudi son inquiétude face à la situation sécuritaire à Minembwe, dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.
Lors d’un Space en direct, il a fait état d’une reprise des hostilités après près de deux mois d’accalmie.
« Minembwe est bombardé aujourd’hui parce qu’il y a là justement cette population banyamulenge », a déclaré Azarias Ruberwa, évoquant la reprise des bombardements de drones dans cette partie du pays.
Selon lui, la situation humanitaire demeure préoccupante, notamment en raison des restrictions imposées à la population. « Il y a un blocus qui empêche la population d’accéder aux marchés », a-t-il expliqué, avant d’évoquer les destructions enregistrées dans la région.
« Il y a eu des destructions massives. Des écoles, des hôpitaux, des maisons, du bétail ont été détruits », a-t-il dénoncé, appelant à une enquête internationale pour établir les responsabilités sur les violences et les dégâts enregistrés.
L’ancien vice-président s’est également interrogé sur la collaboration entre les FARDC et les troupes burundaises présentes dans l’Est de la RDC.
« Comment peut-on aujourd’hui avoir une alliance entre les FARDC et des troupes burundaises qui ont endeuillé la population pendant onze ans ? », s’est-il interrogé, estimant que cette question mérite d’être posée dans le cadre de la recherche d’une solution durable.
Azarias Ruberwa a, par ailleurs, rejeté les discours qui attribuent les conflits de l’Est de la RDC à une seule communauté.
« Il n’est pas vrai de dire que depuis 30 ans, les guerres que connaît la RDC seraient à cause d’une seule communauté », a-t-il insisté.
Pour illustrer son propos, il a évoqué la composition actuelle de l’AFC/M23. « Aujourd’hui, il y a à la tête de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, qui n’est Munyamulenge », a-t-il déclaré.
L’ancien vice-président appelle ainsi à dépasser les lectures communautaires des conflits et à rechercher une solution globale. « Il faut une paix des braves sur l’ensemble des fronts de l’Est », a-t-il plaidé, appelant les différentes parties à privilégier une démarche susceptible de mettre fin durablement aux violences.
