Kinshasa, 03 septembre 2026- L’ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi est revenu sur deux questions majeures de l’économie congolaise : l’appréciation récente du franc congolais et le recours de la République démocratique du Congo au marché international à travers sa première émission d’eurobonds.
S’exprimant lors d’un live space, Nicolas Kazadi a reconnu que l’appréciation du franc congolais avait pu constituer un choc pour certains acteurs économiques, en raison de son caractère, selon lui, « trop brutal ». Il a toutefois rejeté les interprétations attribuant cette évolution à une quelconque décision ou stratégie politique.
Pour l’ancien argentier national, cette situation s’explique davantage par des mécanismes techniques liés notamment aux ajustements opérés sur les réserves obligatoires imposées aux banques. Une mesure qui, selon lui, a eu des effets sur la circulation de la monnaie et, par conséquent, sur le marché de change.
Nicolas Kazadi a également relativisé les inquiétudes liées à l’impact de cette appréciation sur la compétitivité de l’économie congolaise. À ses yeux, la RDC demeure une économie dont les principales exportations sont constituées de produits miniers bruts, un secteur qui, selon lui, ne subit pas les mêmes contraintes de compétitivité que des économies fortement industrialisées et exportatrices de produits manufacturés.
L’ancien ministre des Finances a par ailleurs évoqué l’émission d’eurobonds réalisée par la RDC en 2026. Il a révélé avoir lui-même refusé, durant son mandat, de lancer une première opération de ce type, estimant à l’époque que le recours à une dette commerciale n’était pas une priorité pour le pays.
Selon Nicolas Kazadi, la RDC disposait déjà de plusieurs milliards de dollars de financements extérieurs disponibles, mais qui n’avaient pas encore été effectivement décaissés. Dans ces conditions, a-t-il expliqué, il ne voyait pas la nécessité de recourir immédiatement à des emprunts commerciaux potentiellement plus coûteux.
Il s’est néanmoins félicité de l’évolution de l’image et de la crédibilité financière de la RDC, estimant que les progrès enregistrés dans la perception du pays sur les marchés internationaux ont contribué à rendre possible l’émission d’eurobonds de 2026. La première opération souveraine de ce type réalisée par la RDC a notamment permis de mobiliser 1,25 milliard de dollars en avril 2026.
À travers cette analyse, Nicolas Kazadi défend ainsi une lecture essentiellement technique de l’évolution récente du franc congolais et rappelle sa prudence passée face à l’endettement commercial, tout en saluant les avancées qui ont permis à la RDC d’accéder, en 2026, au marché international des capitaux.
