Kinshasa, 03 septembre 2026- Lors d’un Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l’ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi s’est exprimé sur l’avenir de la Société minière de Bakwanga (MIBA), estimant qu’il serait « illusoire » de penser que l’entreprise pourra être relancée comme elle fonctionnait autrefois.
Interrogé sur la responsabilité de l’État dans la situation actuelle de cette entreprise minière, à l’arrêt depuis plusieurs années malgré différentes annonces de relance, Nicolas Kazadi a reconnu une responsabilité historique des pouvoirs publics, tout en situant le déclin de la MIBA dans la succession de plusieurs régimes.
Selon lui, sous le régime de Mobutu, l’entreprise n’a pas bénéficié des investissements nécessaires ni d’une véritable politique de diversification, malgré l’importance de son potentiel. Il estime ensuite que la MIBA a été, selon ses propres termes, « tuée » durant les années Kabila, notamment dans un contexte marqué par l’exploitation résiduelle de ses ressources et la conclusion de contrats qu’il qualifie de « très mauvais ».
Au-delà de ce lourd héritage, Nicolas Kazadi souligne également les profondes mutations intervenues sur le marché mondial du diamant. La baisse des cours, le recul de la demande et la concurrence du diamant synthétique rendent, selon lui, difficile une relance de la MIBA sur la base de son ancien modèle économique.
Pour l’ancien argentier national, l’avenir de l’entreprise devrait plutôt passer par une profonde réinvention. Il mise notamment sur les travaux d’exploration en cours et sur la possibilité de développer de nouvelles ressources minières au-delà du diamant.
Nicolas Kazadi cite particulièrement le cobalt et le cuivre, dont l’exploitation artisanale est déjà observée sur certaines terres de la MIBA, notamment dans les territoires de Miabi et de Kabeya-Kamuanga. Selon lui, cette dynamique pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour l’entreprise et, plus largement, pour l’ensemble du Grand Kasaï.
L’ancien ministre plaide ainsi pour une transformation du modèle économique de la MIBA, avec de nouveaux produits et de nouveaux partenariats, plutôt qu’une simple tentative de remettre en marche l’entreprise telle qu’elle existait autrefois.
Pour Nicolas Kazadi, la relance de la MIBA devra donc tenir compte des réalités actuelles du marché minier et tirer les leçons des erreurs du passé afin de redonner à cette entreprise un rôle dans le développement économique du Grand Kasaï et de la République démocratique du Congo.
