Goma, 3 septembre 2026- L’ancien député national de Goma, Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences de la suspension des activités académiques et para-académiques dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur de Goma et Bukavu. Selon lui, cette décision concerne directement près de 44 000 étudiants et risque de compromettre leur parcours universitaire.
Dans une lettre adressée au président de l’Assemblée nationale, datée du 1er septembre 2026, l’ancien élu revient sur la décision prise le 20 août dernier par le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire. Celle-ci suspend les activités pour l’année académique 2026-2027 dans 11 institutions publiques situées dans les villes de Goma et Bukavu, sous occupation de l’AFC/M23 depuis janvier et février 2025.
Cette suspension intervient après la nomination unilatérale, le 7 août, de nouveaux responsables au sein des comités de gestion de plusieurs établissements par l’AFC/M23. Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa considère cette démarche comme une ingérence dans le fonctionnement des institutions académiques et une atteinte à la neutralité de l’enseignement supérieur ainsi qu’à la souveraineté de l’État congolais.
L’ancien député dit comprendre et soutenir la volonté du gouvernement congolais de ne pas transformer les universités et instituts supérieurs en « butin de guerre ». Toutefois, il estime que la décision de suspendre les activités risque, dans la pratique, de faire payer le prix fort aux étudiants.
Selon lui, les solutions envisagées pour permettre aux étudiants de poursuivre leurs études dans des établissements situés hors des zones sous contrôle de l’AFC/M23 se heurtent à plusieurs difficultés. Il évoque notamment les frais académiques jugés largement plus élevés dans les établissements privés, ainsi que les problèmes liés au logement, au transport et à la prise en charge quotidienne des étudiants déplacés.
Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa souligne également que la fermeture de l’axe routier reliant Goma à Butembo et Beni, décidée par l’AFC/M23 dans le cadre de mesures présentées comme liées à la lutte contre Ebola, complique davantage la mobilité des étudiants désireux de rejoindre d’autres institutions universitaires.
Face à cette situation, l’ancien député national appelle les autorités congolaises à rechercher des mécanismes capables de protéger à la fois la souveraineté de l’État et le droit à l’éducation des milliers d’étudiants concernés.
Il plaide notamment pour la saisine du Conseil de sécurité des Nations unies, de l’UNESCO et de l’Union africaine afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation de l’enseignement supérieur dans les zones touchées par le conflit.
L’ancien élu demande également la mise en œuvre du protocole 3 de l’accord-cadre de Doha du 15 novembre 2025, qui prévoit notamment des garanties concernant l’accès des populations aux services essentiels dans les zones affectées par les conflits.
Alors que près de 44 000 étudiants seraient concernés par cette suspension, Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa redoute que l’arrêt prolongé des activités académiques à Goma et Bukavu n’aggrave davantage la crise éducative dans l’est de la République démocratique du Congo.
