Kinshasa, 23 septembre 2026 — La Haute Cour militaire a clôturé, ce mardi à Kinshasa, les débats dans le procès opposant le lieutenant-général Philémon Yav Irung au ministère public. L’ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense est poursuivi notamment pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel.
À l’issue des dernières répliques entre l’accusation et la défense, la juridiction militaire a décidé de prendre l’affaire en délibéré. Le président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général magistrat Joseph Mutombo, a indiqué que l’arrêt sera rendu dans le délai légal.
Lors de cette ultime audience, le ministère public a rejeté les moyens soulevés par la défense, notamment ceux relatifs à la valeur des déclarations du co-prévenu Issa Shauri Chibogo et à l’interprétation de certaines dispositions légales.
L’accusation a notamment défendu son interprétation de l’article 182 du Code pénal, tout en maintenant les charges retenues contre les deux prévenus.
Le 3 septembre dernier, le ministère public avait requis la servitude pénale à perpétuité contre Philémon Yav et son co-prévenu, tout en sollicitant l’admission de circonstances atténuantes.
Face aux arguments de l’accusation, la défense a rejeté la thèse du ministère public, qualifiant notamment son argumentation de chimérique. Elle a également contesté l’interprétation faite de certaines dispositions constitutionnelles, dont l’article 18 relatif aux garanties accordées aux personnes privées de liberté.
Prenant la parole en dernier, le lieutenant-général Philémon Yav a continué à nier les faits qui lui sont reprochés et a plaidé non coupable. Il a demandé à la Haute Cour militaire de prononcer son acquittement et a réaffirmé sa loyauté envers les institutions de la République ainsi qu’envers le président Félix Tshisekedi.
Avec la clôture des débats, le procès entre désormais dans sa phase de délibéré. La Haute Cour militaire doit examiner les arguments développés par les différentes parties avant de rendre son arrêt dans le délai prévu par la loi.
L’affaire, qui met en cause un ancien haut responsable des Forces armées de la République démocratique du Congo, est suivie avec attention en raison de la gravité des infractions poursuivies et des enjeux judiciaires et militaires qu’elle soulève.
Le prochain rendez-vous sera donc celui du prononcé de l’arrêt, qui permettra de connaître la décision de la Haute Cour militaire sur les charges retenues contre Philémon Yav et son co-prévenu.
