Kinshasa, 6 octobre 2026- Les cartes bancaires de la Banque centrale du Congo (BCC) utilisées pour couvrir certaines dépenses liées aux déplacements des hauts responsables de l’État ont été mises en place sous la gouvernance de Jean-Claude Masangu Mulongo. L’ancien gouverneur de la BCC en a expliqué les origines et les règles de fonctionnement lors d’un Space live animé mardi 6 octobre avec le journaliste Stanis Bujakera.
Selon Jean-Claude Masangu, le dispositif répondait à une difficulté récurrente : des responsables de l’État, notamment le président de la République, le ministre des Affaires étrangères ou encore les ambassadeurs itinérants, étaient appelés à effectuer des missions sans disposer de frais de mission.
« On a instauré des cartes bancaires au nom de la Banque centrale du Congo et non pas au nom du gouvernement », a-t-il expliqué.
Le choix de la BCC plutôt que celui du gouvernement s’expliquait, selon lui, par la crédibilité dont jouissait alors l’institution. « C’est la Banque centrale du Congo qui avait la crédibilité. Point barre », a-t-il déclaré.
Jean-Claude Masangu évoque également les déplacements décidés à la dernière minute, qui rendaient difficile la mise à disposition préalable des frais de mission. Une situation qui, selon lui, « arrive même aujourd’hui ».
Les cartes étaient toutefois soumises à des règles précises. Elles permettaient uniquement de couvrir les frais de transport, de logement et de restauration. « Ce n’est pas pour acheter des cravates, des chemises », a insisté l’ancien gouverneur.
Toute utilisation jugée irrégulière pouvait entraîner le retrait immédiat de la carte. Chaque bénéficiaire disposait par ailleurs d’un plafond mensuel fixé en fonction de son statut et de ses responsabilités. Jean-Claude Masangu cite notamment une limite de 15 000, au-delà de laquelle le titulaire devait « se débrouiller ».
Les dépenses effectuées étaient débitées du compte du Trésor, sur autorisation.
Le système aurait été instauré vers 2002. En 2003, dans le cadre de la formule politique « 1+4 », les quatre vice-présidents et certains de leurs collaborateurs en bénéficiaient, au même titre que le chef de l’État et le ministre des Finances.
Selon Masangu, le nombre de bénéficiaires demeurait limité. Les cartes étaient principalement attribuées aux responsables effectuant régulièrement des déplacements officiels.
À la fin des fonctions d’un titulaire, le dispositif prévoyait également la récupération de la carte. « Bloquée, retirée, coupée », a résumé Jean-Claude Masangu, qui assure avoir lui-même restitué sa carte lorsqu’il a quitté la BCC en 2013.
Interrogé sur le nombre exact de cartes émises durant ses années à la tête de la Banque centrale, l’ancien gouverneur n’a pas avancé de chiffre, indiquant ne pas pouvoir commenter la période postérieure à son départ en 2013.
