Kinshasa, 15 octobre 2026 – Les États-Unis appellent le gouvernement congolais et l’ancienne Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), désormais intégrée au Front pour la refondation de la nation (FRN), à finaliser les protocoles restants du processus de paix de Doha. Cette demande a été formulée le mardi 13 octobre 2026 devant le Conseil de sécurité des Nations unies, alors que la restructuration de la rébellion autour de l’ancien président Joseph Kabila soulève de nouvelles interrogations sur l’avenir des négociations.
Prenant la parole devant le Conseil de sécurité, l’ambassadeur américain Jeffrey Bartos a exhorté Kinshasa et les représentants de la nouvelle coalition politico-militaire à capitaliser sur les avancées enregistrées lors des précédentes discussions en Suisse et à achever les protocoles encore en négociation dans le cadre du processus de Doha.
Washington insiste également sur le respect des engagements pris par les différentes parties, notamment en matière de cessez-le-feu. Les autorités américaines ont par ailleurs appelé la RDC et le Rwanda à mettre pleinement en œuvre leurs obligations respectives dans le cadre des accords de Washington.
Cette demande américaine intervient après la création, le 12 octobre à Goma, du Front pour la refondation de la nation, dirigé par Joseph Kabila. Dans ses documents constitutifs, le nouveau mouvement annonce la dissolution de l’AFC et affirme lui succéder de plein droit, en reprenant ses droits, ses obligations et ses engagements, y compris ceux liés aux négociations de Doha.
Cette réorganisation modifie la configuration politique des négociations, puisque l’ancien président congolais assume désormais officiellement la direction du FRN, une coalition qui comprend des responsables de l’AFC et du M23.
Pour Washington, l’enjeu est de préserver la dynamique diplomatique engagée malgré cette recomposition. La demande de finalisation des protocoles traduit la volonté américaine de voir les parties poursuivre les négociations et concrétiser les engagements déjà souscrits.
L’accord-cadre de Doha, signé le 15 novembre 2025 entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 sous la médiation du Qatar, prévoit plusieurs engagements destinés à favoriser une résolution pacifique du conflit dans l’est de la RDC.
Lors des discussions organisées en Suisse du 17 au 21 août 2026, les deux parties avaient évalué les progrès accomplis et les difficultés rencontrées. Elles avaient également adopté une feuille de route pour la poursuite des négociations et convenu de mettre en place un mécanisme chargé de suivre l’exécution de leurs engagements.
Les discussions portent notamment sur les modalités de mise en œuvre des engagements existants, le suivi du cessez-le-feu et la conclusion des protocoles encore en suspens. Les parties avaient également précisé que l’ordre de négociation des protocoles ne déterminerait pas nécessairement l’ordre de leur mise en œuvre.
La création du FRN pose désormais la question de la continuité des négociations avec une structure politico-militaire dont la direction est assurée par Joseph Kabila. Si le nouveau mouvement affirme reprendre les engagements de l’AFC, leur mise en œuvre effective dépendra des décisions des parties et de leur volonté de respecter les mécanismes convenus.
La démarche américaine s’inscrit dans une stratégie diplomatique qui distingue le processus de Doha, consacré aux négociations entre Kinshasa et les représentants de l’AFC/M23, du processus de Washington, qui concerne principalement les engagements sécuritaires entre la RDC et le Rwanda. Les deux initiatives sont complémentaires, mais reposent sur des négociations distinctes.
Reste à savoir si cette nouvelle configuration permettra de relancer les discussions ou si elle compliquera davantage les efforts visant à parvenir à un accord de paix global dans l’est de la République démocratique du Congo.
