Kinshasa, 20 octobre 2026- Alphonse Ntambwe Kikangala, directeur de cabinet adjoint au ministère de l’Intérieur, a défendu la mesure de suspension visant le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) tout en remettant en question les déclarations de ce parti sur sa prétendue sortie de la clandestinité.
Il s’est exprimé lors d’une intervention sur B-One TV, dans l’émission « Mag du Dimanche » présentée par Mamina Masengo en revenant notamment sur les raisons de cette mesure et les démarches judiciaires engagées par les autorités.
Ce dernier, évoque les déclarations d’Aubin Minaku, cadre du PPRD, qui avait annoncé la volonté du parti de sortir de la clandestinité et de mener ouvertement ses activités, Alphonse Ntambwe Kikangala a évoqué les interrogations suscitées par cette prise de position. Il a rappelé que les responsables du parti avaient été invités par le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur.
Pour le responsable ministériel, cette déclaration soulevait des questions sur la situation réelle du PPRD et sur ses rapports avec les institutions de la République. Il a ainsi défendu la nécessité d’un encadrement légal des activités politiques, dans un contexte marqué par les tensions entre le pouvoir et l’opposition.
Abordant la situation de l’ancien président Joseph Kabila et ses liens présumés avec la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mars (M23), Alphonse Ntambwe Kikangala a établi un rapprochement entre les positions exprimées par l’ancien chef de l’État et les revendications de ce mouvement armé.
Il a notamment évoqué les déclarations attribuées à Joseph Kabila, qui aurait estimé légitimes les revendications du M23, ainsi que celles de son conseiller politique, Kikaya bin Karubi, concernant une convergence entre les objectifs poursuivis par l’ancien président et ceux du mouvement rebelle.
« Donc, c’est-à-dire conquérir le pouvoir par les armes », a affirmé Alphonse Ntambwe Kikangala, présentant cette convergence comme un élément de sa critique politique. Ces propos s’inscrivent dans les accusations formulées par les autorités congolaises à l’égard de Joseph Kabila, dans un contexte de conflit armé dans l’est de la République démocratique du Congo.
Sur le plan juridique, le directeur de cabinet adjoint a également défendu la procédure suivie par le ministère de l’Intérieur dans le cadre de la suspension des partis politiques concernés.
Selon lui, la loi autorise le ministre ayant l’Intérieur et la Sécurité dans ses attributions à prendre une mesure de suspension et à saisir les juridictions compétentes.
« C’est la loi qui a dit que le ministre ayant l’Intérieur, la Sécurité dans ses attributions, suspend les partis, saisit la juridiction compétente. Et c’est ce que nous avons fait », a-t-il déclaré.
Il a précisé que plusieurs instances judiciaires avaient été saisies, notamment la Cour constitutionnelle, le parquet près cette juridiction, le parquet près la Cour de cassation ainsi que le parquet près le Conseil d’État.
À travers ces explications, Alphonse Ntambwe Kikangala a défendu la démarche du ministère de l’Intérieur, estimant que les mesures prises relèvent du respect de la loi et de la préservation de l’ordre constitutionnel. La question de la suspension du PPRD demeure ainsi au centre des tensions politiques, entre les arguments avancés par les autorités et les positions défendues par les acteurs de l’opposition.
