Kinshasa, 3 novembre 2026- Le gouvernement sud-africain a officiellement pris acte de la décision des États-Unis de retirer le pays du programme commercial African Growth and Opportunity Act (AGOA), à compter du 1er janvier 2027. Pretoria reconnaît les préoccupations que cette mesure suscite auprès des travailleurs, des exportateurs, des entreprises et des communautés dépendant des échanges commerciaux avec le marché américain, tout en relativisant ses conséquences sur l’ensemble de son économie.
Dans une déclaration rendue publique mardi 3 novembre, le ministère sud-africain du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence a indiqué que le gouvernement travaillait avec les secteurs concernés afin d’évaluer les conséquences de cette exclusion et de mettre en place des mesures d’accompagnement adaptées à chaque entreprise.
Pretoria regrette particulièrement que Washington ait introduit de nouvelles exigences qui ne figuraient pas parmi les questions abordées lors des négociations commerciales engagées en 2025. Le gouvernement sud-africain affirme avoir proposé des concessions supplémentaires pour répondre aux préoccupations américaines, tout en préservant ses impératifs constitutionnels, ses exigences en matière de biosécurité et ses obligations envers l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
La décision américaine a été annoncée lundi 2 novembre par le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer. L’administration du président Donald Trump reproche notamment à l’Afrique du Sud des obstacles au commerce et aux investissements américains, des problèmes de corruption ainsi que des pratiques considérées comme contraires aux intérêts de sécurité nationale et de politique étrangère des États-Unis. Le Rwanda est également concerné par cette mesure.
Toutefois, le gouvernement sud-africain relativise l’impact économique de cette exclusion en s’appuyant sur les chiffres des échanges commerciaux. En 2025, environ 10 % des exportations sud-africaines vers les États-Unis ont bénéficié des avantages de l’AGOA, contre 28 % en 2024. Ces exportations préférentielles représentaient environ 1,7 milliard de dollars, contre 4 milliards de dollars l’année précédente.
Pretoria souligne également que les exportations bénéficiant de l’AGOA ne représentent qu’environ 1 % de ses exportations mondiales. En outre, près de 89 % des produits sud-africains exportés vers les États-Unis en 2025 sont entrés sur le marché américain selon les conditions tarifaires ordinaires de l’Organisation mondiale du commerce.
Les échanges commerciaux entre les deux pays ont, pour leur part, atteint 28,8 milliards de dollars en 2025. Le gouvernement estime ainsi que la fin des avantages de l’AGOA ne signifie pas la rupture des relations commerciales avec Washington, mais plutôt la perte d’un régime tarifaire préférentiel pour certains produits sud-africains.
Face à cette situation, Pretoria entend accélérer la diversification de ses débouchés commerciaux, notamment en Afrique, en Europe, en Asie et en Amérique latine, afin de préserver les emplois et la compétitivité de ses entreprises. Entré en vigueur en 2000, l’AGOA accorde aux pays africains éligibles un accès préférentiel au marché américain, notamment à travers des exonérations de droits de douane sur plusieurs milliers de produits.
