Kinshasa, 22 août 2025- La plaidoirie dans le procès visant l’ancien président Joseph Kabila s’est poursuivie ce vendredi devant la Haute cour militaire. L’audience du jour a été dominée par les réquisitions du ministère public, qui a demandé la peine de mort, sans circonstance atténuante, à l’encontre du prévenu.
Le procureur général a détaillé de nombreux faits jugés particulièrement graves, notamment meurtres de civils, viols, exécutions sommaires, déportations forcées, destructions volontaires… autant d’atrocités attribuées aux rebelles de l’AFC/M23 dans les zones qu’ils contrôlent.
Selon l’accusation, l’ancien chef de l’État entretient des liens directs avec ce mouvement rebelle. Plusieurs arguments ont été avancés : Joseph Kabila aurait qualifié les exactions des insurgés « d’aspirations du peuple », il aurait choisi de rentrer par la partie Est occupée par les rebelles, et il les aurait reçus pour encourager leurs combattants.
Pour le ministère public, tous les éléments constitutifs des infractions sont réunis. Le procureur général considère ainsi Joseph Kabila comme « l’auteur derrière les auteurs », c’est-à-dire l’instigateur intellectuel de ces crimes.
La demande de condamnation est la peine de mort pour la plupart des charges, 20 ans de servitude pénale pour apologie du terrorisme, et 15 ans pour complot. Le parquet a aussi sollicité la mise sous séquestre des biens de l’ex-président, son arrestation immédiate, ainsi que sa condamnation aux frais et à la contrainte par corps.
Depuis l’ouverture de ce procès, Joseph Kabila est absent. Son défaut a été acté par la Haute cour. Il est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment trahison, participation à un mouvement insurrectionnel, complot et apologie du terrorisme. La procédure avait été enclenchée à la suite d’un réquisitoire du ministre de la Justice, validé par le Sénat.
Ces poursuites, initiées sous le mandat de Félix Tshisekedi, sont dénoncées par les partisans de l’ancien président. Ses proches parlent de « persécution politique » destinée à écarter un adversaire jugé trop influent.
Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a qualifié le procès de « mise en scène ». Son secrétaire permanent, Ramazani Shadary, estime qu’il s’agit d’une manœuvre pour éliminer un acteur majeur de l’opposition, alors que le pays aurait plutôt besoin d’un processus axé sur la paix et la cohésion nationale.`
