Kinshasa, 23 août 2025- À deux semaines de la rentrée scolaire, la frénésie habituelle autour des couturiers de Kinshasa n’est pas au rendez-vous. Dans les marchés et quartiers comme Zando et la Cité, les ateliers restent étonnamment calmes, alors que d’ordinaire, ils sont débordés par les commandes d’uniformes scolaires, constate un reporter d’Enquête.cd.
Les artisans interrogés expliquent que les commandes sont nettement réduites. « Les écoles vendent elles-mêmes des uniformes, et il y a beaucoup de produits importés déjà prêts à l’usage », explique un couturier de Zando. Il pointe également le manque d’argent chez certains parents comme un facteur qui affecte directement leurs affaires.
Habituellement, cette période de l’année est synonyme d’un véritable afflux de commandes. Les couturiers doivent alors travailler sans relâche pour honorer toutes les demandes. Mais cette année, la confection d’uniformes ne semble pas intéresser les familles, ce qui surprend et inquiète les professionnels du secteur.
Pourtant, la rentrée scolaire approche à grands pas et est programmée pour le 1er septembre prochain. Certains couturiers expriment leur inquiétude face à cette baisse d’activité : « Nous ne savons pas comment nous allons vivre. La rentrée scolaire pointe à l’horizon mais il n’y a pas d’engouement de clients… Nous, personnellement, avons confectionné beaucoup de tenues, mais les clients ne viennent pas. L’argent ne circule pas », confie une couturière du marché central.
Un autre facteur identifié est la préférence de nombreux parents pour les vêtements prêts-à-porter importés de Chine et de Turquie, au détriment des créations locales. « Les gens achètent des uniformes tout faits venus de l’étranger plutôt que de se procurer du tissu et de faire appel à nos services », déplore une autre artisane.
Face à cette concurrence, certaines couturières appellent les autorités à protéger les petites et moyennes entreprises locales. Selon elles, un encadrement réglementaire pourrait empêcher une concurrence déloyale et soutenir l’économie des artisans congolais.
« Si les importations sont régulées et si les produits locaux sont encouragés, cela permettrait de réduire le chômage et de stimuler la consommation des créations nationales », ajoutent-elles, soulignant l’urgence d’une intervention.
Pour ces couturiers, l’enjeu dépasse la simple rentrée scolaire. Il s’agit de garantir la survie d’un secteur artisanal essentiel à la vie économique de la capitale et à l’emploi de nombreux jeunes travailleurs.
