Kinshasa, 27 août 2025- Le mouvement citoyen non-partisan et non-violent Lutte pour le changement (LUCHA) a exprimé sa vive inquiétude face à ce qu’il qualifie de « dissipation » des fonds publics de la province de la Tshopo dans l’organisation des concerts Aksanti Fatshi à Kisangani. Dans une lettre adressée au président de l’Assemblée provinciale, la structure déplore le décaissement par le gouvernement provincial d’un budget « important » pour la tenue de deux événements musicaux les 16 et 17 août 2025 : un concert populaire à l’esplanade de la Poste et un concert privé à la Riviera Beach.
Selon la LUCHA, l’exécutif provincial a dépensé une somme considérable pour cet événement, notamment le cachet de l’artiste congolaise Rebo Tchulo, qui s’élèverait à près de 150 millions de francs congolais, soit plus de 50 000 dollars américains pour ses deux prestations.
« En plus de la logistique importante et de la main d’œuvre locale mobilisées pour la réussite de cette double activité récréative et jouissive, l’autorité a fait déplacer une artiste musicienne de Kinshasa (figure phare du premier concert et unique prestataire au second concert) dont le cachet avoisinerait 150.000.000 de francs congolais selon certaines sources », précise la LUCHA.
Le mouvement citoyen ajoute que cet événement survient alors que les besoins essentiels des populations restent largement ignorés. « Alors que les routes de desserte agricole et les routes d’intérêt provincial dans la Tshopo sont dans un état de délabrement très avancé ; que la ville de Kisangani jadis paisible fait face à la recrudescence de la criminalité urbaine entraînant quotidiennement des morts d’hommes et des viols des femmes et enfants, sous le regard impuissant de la police ; que plusieurs familles sont privées d’eau potable ; que la pénurie d’électricité impacte la sécurité et les prix des produits vivriers ; que les agents du Gouvernorat connaissent des arriérés, financer un double concert n’est nullement une priorité », dénonce la LUCHA.
Pour la structure citoyenne, prioriser le divertissement au détriment des besoins vitaux des populations constitue un problème d’éthique publique et révèle un manque de vision stratégique.
« Pire encore, il s’agit (sauf information contraire de votre part) d’une dépense non prévue initialement dans le budget de la province validé par l’Assemblée provinciale. Nous nous posons la question de savoir quelle est l’urgence qui a conduit à l’exécution de cette dépense extra-budgétaire », ajoute la LUCHA.
Face à cette situation, le mouvement demande l’ouverture d’une action parlementaire dès la prochaine rentrée afin de clarifier le montant exact dépensé et d’examiner les conséquences politiques de cette dépense publique jugée « hasardeuse ».
La LUCHA insiste sur le fait que la transparence dans la gestion des fonds publics est indispensable pour répondre aux défis socio-économiques et infrastructurels de la province de la Tshopo. Elle appelle les autorités à mettre les priorités de la population au centre de toute décision budgétaire.
