Kinshasa, 24 septembre 2025- Depuis la réélection du président Félix-Antoine Tshisekedi, la scène politique congolaise est en pleine reconfiguration. Le paysage parlementaire s’est redessiné, affaiblissant certains partis et en consolidant d’autres. C’est dans ce contexte que se pose avec insistance la question de la place et du positionnement stratégique de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), et de son autorité morale, son excellence Vital Kamerhe.
Des voix s’élèvent çà et là pour suggérer ou spéculer sur un éventuel retrait de l’UNC de l’Union sacrée. Une telle orientation, aussi tentante soit-elle pour des raisons émotionnelles ou d’insatisfaction ponctuelle, nécessite une analyse froide et stratégique, à la lumière des rapports de force actuels et des intérêts à long terme.
I. Une réalité politique incontournable : le recul électoral de l’UNC
Honorable, il faut avoir le courage politique d’admettre une vérité fondamentale : le poids électoral de l’UNC a régressé. Le parti n’a plus le même ancrage ni la même capacité de mobilisation qu’en 2018. Les résultats des législatives nationales et provinciales en témoignent. Ce recul, qu’il soit dû à des facteurs internes ou à des dynamiques nationales, impose une stratégie d’adaptation, non de rupture.
Or, quitter l’Union sacrée dans ce contexte reviendrait à accentuer l’isolement du parti, à exposer sa base militante à une érosion rapide, et à offrir le terrain politique à d’autres forces plus dynamiques et plus ancrées.
II. La logique du réalisme politique : rester pour se repositionner
Honorable, votre génie politique a toujours été reconnu dans la capacité à négocier, composer, manœuvrer avec habileté dans des systèmes complexes. Aujourd’hui, ce n’est pas la rupture qui est signe de force, mais la capacité à peser de l’intérieur, à influencer les équilibres depuis le noyau du pouvoir.
- L’Union sacrée reste, malgré ses contradictions, le seul cadre viable de gouvernance.
Quitter cette plateforme aujourd’hui, c’est se marginaliser volontairement dans une période où chaque voix politique cherche un espace d’influence. - La présence à la tête de l’Assemblée nationale est un acquis stratégique.
Le poste que vous occupez est plus qu’un privilège institutionnel ; c’est un levier de négociation pour redéployer le parti et préparer les échéances futures. Une démission ou un retrait serait interprété comme une capitulation.
III. Ne pas offrir à l’adversaire ce qu’il attend : la vacance stratégique
Il ne faut jamais sous-estimer le calcul de ceux qui, dans l’ombre, œuvrent à affaiblir votre image politique. Un départ précipité de l’Union sacrée serait accueilli avec jubilation par vos adversaires, qui y verront la confirmation que l’UNC n’a plus de marge ni d’influence. Ce serait leur donner des armes symboliques et médiatiques pour enterrer politiquement votre courant.
IV. Recommandation stratégique
- Restez dans l’Union Sacrée, mais avec une posture de vigilance critique. Exigez le respect des équilibres, des engagements et de la représentativité de l’UNC.
- Réorganisez en profondeur l’UNC, en lançant une série d’initiatives de redynamisation à la base : refondation du discours politique, renouvellement du leadership provincial, encadrement idéologique des jeunes.
- Préparez 2028 dès aujourd’hui, non pas dans une logique de revanche, mais dans une stratégie de reconquête : en consolidant des alliances régionales, en rassemblant les forces modérées, et en affirmant une ligne politique claire, cohérente et indépendante sans rompre inutilement.
Conclusion
Honorable, les grandes batailles ne se gagnent pas par les retraits émotionnels, mais par la capacité à durer, à encaisser, et à rebondir intelligemment. L’heure n’est pas à la fuite, mais à la patience stratégique. Restez dans le système, restez au cœur du pouvoir, car c’est là que se décide l’avenir.
Votre départ affaiblirait plus votre camp que vos adversaires. Restez, Résistez, Repositionnez-vous.
