Kinshasa, 27 octobre 2035- Dans une lettre ouverte adressée à Guillaume Ngefa, ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, le parti politique PPRD Fédération de Benelux dénonce ce qu’elle qualifie de dérive morale et politique d’un ancien militant des droits de l’homme devenu ministre dans un régime accusé de violations graves des libertés fondamentales.
Sous le titre évocateur « Quand le militant devient ministre, la conscience devient complice », le document fustige l’attitude du ministre, accusé de relativiser les crimes actuels et de fermer les yeux sur les violations des droits humains commises sous le régime de Félix Tshisekedi.
Le PPRD Benelux reproche à Guillaume Ngefa d’avoir trahi ses idéaux de défense des droits de l’homme en se ralliant à un pouvoir qui, selon la lettre, « emprisonne ses propres soldats, torture ses opposants et fait taire les familles endeuillées ». La lettre cite notamment les massacres de détenus à la prison de Makala, les arrestations arbitraires d’officiers FARDC, ainsi que les violences commises à Goma, Lubumbashi et Kinshasa.
« En persécutant ses propres généraux, le régime de Félix Tshisekedi n’a pas renforcé l’État, il l’a fracturé », écrit le mouvement.
Le parti de l’ancien président Joseph Kabila dénonce également une instrumentalisation de la justice contre les adversaires politiques, citant le « procès grotesque » intenté à Kabila, ainsi que les cas d’assassinats et d’enlèvements de figures politiques et religieuses. Selon la lettre, la promesse de lutte contre la corruption se serait transformée en « un hold-up d’État » où « la prédation et le népotisme continuent de régner au sommet du pouvoir ».
Dans une formule incisive, la lettre exhorte le ministre à se souvenir de son parcours de défenseur des droits humains : « Monsieur le Ministre, vous êtes entré dans l’histoire par la porte des droits de l’homme. Ne la quittez pas par la fenêtre de la compromission. Ne devenez pas le cautionnaire moral d’un régime que vous auriez jadis dénoncé à Genève. »
Et de conclure
« En relativisant les crimes d’aujourd’hui, vous ne jugez pas Kabila : vous absolvez Tshisekedi. Et ce faisant, vous enterrez la justice que vous prétendez servir. La République n’a pas besoin d’un moraliste au ministère de la Justice, mais d’un homme de courage. Et le courage, c’est parfois de dire non à l’injustice, même lorsqu’elle vous nomme ministre. »
Junior Kanyiki
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