Kinshasa, 12 décembre 2025- C’est avec une profonde tristesse et une ferme indignation que le président de la République, Félix Tshisekedi, a déploré, jeudi 11 décembre, « avec la plus grande fermeté » le comportement du Rwanda.
À peine quelques jours s’étaient écoulés depuis la signature de l’accord de paix, le 4 décembre à Washington, que le Rwanda a malheureusement choisi de ne pas respecter ses promesses en intensifiant ses opérations offensives, « avec pour objectif manifeste de s’emparer de nouvelles agglomérations ». Ces mots ont été prononcés par Félix Tshisekedi lors d’une session gouvernementale restreinte tenue à la cité de l’Union africaine à Kinshasa, comme l’a rapporté le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya.
En revenant sur les discussions dirigées par le chef de l’État, Patrick Muyaya a relayé les propos du Président, insistant sur le fait que cette montée des tensions armées ne fait qu’aggraver une crise humanitaire déjà insoutenable pour les populations locales. Les conséquences de cette nouvelle escalade militaire sont désastreuses et menacent davantage la stabilité d’une région déjà très éprouvée.
Devant cette adversité, le Chef de l’État a exhorté l’ensemble des instances nationales à redoubler de prudence et à assumer pleinement leurs devoirs. Il a spécifiquement demandé au Gouvernement, et en particulier aux ministres de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, ainsi qu’à celui de la Défense nationale, de maintenir un niveau d’engagement total et d’être entièrement préparés à toute éventualité.
Le président Tshisekedi a également donné des instructions fermes à toutes les composantes de nos forces de défense et de sécurité de la RDC, leur demandant de rester en état d’alerte maximale pour « faire face à cette énième agression » et de tout mettre en œuvre afin de sauvegarder l’intégrité de notre territoire. Dans le même élan, il a fait savoir qu’une réunion interinstitutionnelle et un Conseil supérieur de défense élargi seraient prochainement organisés pour « approfondir l’analyse de la situation et d’arrêter en toute souveraineté les options appropriées pour maîtriser l’évolution des opérations et garantir la sécurité de la population », comme l’a précisé le porte-parole du Gouvernement.
C’est dans ce contexte tendu que, depuis le début du mois de décembre, le groupe armé de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), avec le soutien manifeste du Rwanda, a déclenché une série de nouvelles attaques dans plusieurs localités du Sud-Kivu, notamment Kamanyola, Luvungi, Katogota et Uvira, entraînant malheureusement des pertes humaines parmi la population civile.
Le 10 décembre, la cité d’Uvira, qui servait de siège temporaire aux autorités du Sud-Kivu, est tombée entre les mains de cette rébellion, et ce, sans affrontements. Cette localité, d’une importance capitale et frontalière avec le Burundi, avait été désignée comme capitale provisoire après que l’AFC/M23 eut pris le contrôle de Bukavu plus tôt dans l’année.
