Kinshasa, 14 décembre 2025- Dans un communiqué publié le 13 décembre 2025 et dont la copie nous est parvenue, le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege a exprimé sa vive inquiétude face à la progression des forces d’agression et d’occupation dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo du M23/AFC soutenue par l’armée Rwandaise dénonçant une aggravation préoccupante de la situation sécuritaire et humanitaire.
Denis Mukwege réagit notamment au communiqué du président de la Commission de l’Union africaine du 11 décembre, qui appelle à la retenue sans désigner clairement le Rwanda comme principal acteur de la déstabilisation dans la région des Grands Lacs. Selon lui, cette position intervient alors que les combats s’intensifient, que des crimes de masse sont signalés dans la plaine de la Ruzizi et que la ville stratégique d’Uvira est passée sous le contrôle de la coalition M23/RDF.
Le médecin congolais rappelle que la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 21 février 2025, exige un cessez-le-feu immédiat et le retrait inconditionnel des forces rwandaises du territoire congolais. Il s’appuie également sur un rapport récent des experts des Nations unies faisant état de la présence de 6 000 à 7 000 soldats rwandais en RDC, ainsi que sur les déclarations du Groupe international de contact pour la région des Grands Lacs.
Dans son communiqué, Denis Mukwege appelle la communauté internationale, notamment les Nations unies, l’Union africaine et l’Union européenne, à prendre des mesures concrètes, y compris des sanctions ciblées contre le régime de Kigali, afin de favoriser une désescalade rapide et durable. Il plaide enfin pour l’organisation d’une conférence internationale en vue d’une solution globale à la crise dans l’est de la RDC, en s’appuyant sur l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.
À titre de rappel, la situation sécuritaire dans l’est du pays reste marquée par une forte dégradation, avec la prise récente de la ville d’Uvira par la coalition M23/AFC soutenue par le Rwanda. Des tensions persistantes sont également signalées dans plusieurs autres localités du Sud-Kivu, notamment à Baraka, tandis qu’une menace sécuritaire continue de peser sur la ville de Kalemie, dans la province du Tanganyika, renforçant les inquiétudes quant à une extension du conflit.
