Kinshasa, 15 janvier 2026- Le processus d’un probable dialogue politique initié à Luanda sous l’impulsion du président angolais João Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine, continue de susciter des prises de position en République démocratique du Congo.
Dans ce contexte, le mouvement politico-social « Sauvons la RDC », proche de l’ancien président Joseph Kabila, affirme avoir été consulté à deux reprises par les hautes autorités angolaises sur les contours de cette initiative visant à trouver une issue durable à la crise congolaise.
Dans un communiqué rendu public, la plateforme, née à Nairobi, salue l’implication personnelle du président angolais João Lourenço, à la fois chef de l’État angolais dans les efforts diplomatiques visant le retour de la paix en RDC. Tout en se disant favorable au principe d’un dialogue, le mouvement assortit toutefois son adhésion de plusieurs préalables.
Selon « Sauvons la RDC », si l’objectif réel du dialogue en gestation est le rétablissement de la paix dans l’Est du pays, la priorité devrait être accordée à la finalisation du processus de Doha, au Qatar, où le gouvernement congolais échange depuis plusieurs mois avec la rébellion de l’AFC/M23 sous médiation qatarie.
La plateforme de l’ancien président estime que la prise en charge préalable des aspects militaires de la crise, y compris la mise en œuvre effective d’un cessez-le-feu, permettrait de créer un climat favorable à un dialogue politique apaisé.
Pour le mouvement, ce dialogue ne pourra remplir pleinement son rôle que s’il devient « un forum de réconciliation, de paix retrouvée, d’unité nationale restaurée et de consensus sur les conditions du mieux-vivre ensemble », une ambition qui, selon lui, suppose d’abord la fin des hostilités sur le terrain.
Par ailleurs, « Sauvons la RDC » exprime ses réserves face à la multiplication ou au changement des médiateurs, une situation qu’elle interprète comme une instabilité de la vision stratégique. Elle plaide plutôt pour la constance dans les engagements, la bonne foi et la sincérité des parties comme gages de crédibilité et de succès de tout dialogue.
La plateforme critique également ce qu’elle qualifie d’instabilité de la parole de l’État, d’ambiguïtés stratégiques et de contradictions dans les options retenues pour résoudre la crise sécuritaire, dénonçant au passage une instrumentalisation des processus politiques qui aurait affaibli la confiance dans les engagements du régime du président Félix Tshisekedi, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Ce positionnement intervient alors qu’un processus de dialogue politique est déjà en cours à Luanda. Dans ce cadre, le président angolais João Lourenço a reçu à deux reprises le président congolais Félix Tshisekedi pour des consultations axées sur les perspectives de paix et de dialogue national.
Poursuivant ces consultations élargies, le chef de l’État angolais a également échangé hier à Luanda avec les leaders religieux congolais, notamment des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et des pasteurs de l’Église du Christ au Congo (ECC), renforçant ainsi la dynamique inclusive autour de cette initiative régionale.
