Kinshasa, 12 avril 2026- La déclaration d’un haut responsable militaire ougandais ravive les tensions politiques et diplomatiques autour de l’organisation de l’État en République démocratique du Congo. Le général Felix Kulayigye, porte-parole de l’armée ougandaise, a exprimé le souhait de voir la République démocratique du Congo adopter un système fédéral, estimant que cela permettrait de stabiliser le pays et de renforcer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
Selon lui, un gouvernement central fort à Kinshasa, appuyé par une organisation fédérale dans les provinces, serait en mesure de combler ce qu’il qualifie de « vide institutionnel » dans certaines régions. Une position qui, bien que présentée comme une analyse sécuritaire, suscite de vives interrogations quant à une possible ingérence de Ouganda dans les affaires internes congolaises.
Dans un contexte marqué par l’instabilité persistante dans l’Est du pays, notamment dans les zones frontalières où les forces ougandaises sont déjà impliquées dans des opérations conjointes contre des groupes armés, cette prise de position ne passe pas inaperçue. Pour plusieurs observateurs, elle dépasse le cadre strict de la coopération militaire et touche directement à la souveraineté institutionnelle de la RDC.
Le débat sur le fédéralisme n’est pas nouveau en RDC.
Depuis plusieurs années, certaines voix internes plaident pour une décentralisation renforcée, voire un modèle fédéral, afin de rapprocher la gouvernance des réalités locales.
Cependant, cette question reste sensible, car elle touche à l’unité nationale dans un pays historiquement fragilisé par des conflits et des tentatives de fragmentation.
L’intervention du général ougandais intervient donc dans un climat politique délicat, où toute suggestion extérieure sur la forme de l’État congolais est perçue avec prudence, voire suspicion.
Pour une partie de l’opinion congolaise, une telle déclaration pourrait être interprétée comme une tentative d’influencer les choix politiques internes, voire de redéfinir les équilibres de pouvoir au profit d’intérêts extérieurs.
Du côté des autorités congolaises, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée. Mais en coulisses, cette sortie pourrait alimenter les discussions sur les relations bilatérales entre Kinshasa et Kampala, déjà complexes et marquées par une histoire faite de coopération sécuritaire mais aussi de méfiance.
Entre nécessité de stabilisation, enjeux de souveraineté et pressions régionales, la question posée par cette déclaration reste entière : s’agit-il d’une simple lecture stratégique ou d’un signal politique aux implications plus profondes ?
