Kinshasa, 8 mai 2026-Le procès du lieutenant-général Philémon Yav Irung devant la Haute cour militaire continue de susciter des réactions dans les milieux politico-militaires et judiciaires en République démocratique du Congo.
Cette fois, c’est Me Carl Ngwapitshi qui a pris la parole pour dénoncer les conséquences qu’aurait eues, selon lui, l’arrestation de cet officier supérieur sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
S’exprimant autour de cette affaire, l’avocat a estimé que l’interpellation du général Yav a contribué à fragiliser le front militaire face aux groupes armés et aux offensives ennemies dans la région du Nord-Kivu. Il s’est appuyé sur la théorie de la MEDOT (Méthode d’Élaboration de Décision Opérationnelle Tactique) pour défendre sa lecture de la situation sécuritaire.
Selon Me Ngwapitshi, « le mode opératoire de l’agresseur est la diabolisation de ceux qui lui font obstacle ».
Il affirme que le lieutenant-général Philémon Yav était parvenu à fixer l’ennemi durant près d’un mois avant son rappel à Kinshasa, soutenant qu’après son arrestation, la situation sur le terrain s’est progressivement détériorée jusqu’à la chute de Goma.
L’avocat estime ainsi que la stratégie ayant conduit à l’arrestation de l’officier poursuivi mérite d’être interrogée au regard de l’évolution de la guerre dans l’Est du pays. « Si le centre de gravité est détruit et que la guerre continue, c’est qu’il a été mal identifié », a-t-il déclaré, remettant en question la cible stratégique visée dans cette affaire.
Me Ngwapitshi s’est également interrogé sur le véritable « centre de gravité » dans ce dossier, posant publiquement la question de savoir si celui-ci concernait réellement le général Yav ou plutôt le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Peter Cirimwami, aujourd’hui décédé, qui avait porté les accusations contre l’officier poursuivi.
Pour rappel, le lieutenant-général Philémon Yav est poursuivi devant la Haute cour militaire pour « trahison » ainsi que pour « incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline ».
Lors d’une précédente audience, le parquet général des FARDC avait requis la peine de prison à vie contre l’ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense, dans une affaire suivie de près au regard du contexte sécuritaire tendu dans l’Est de la RDC.
