Kinshasa, 18 mai 2026-Le Prix Nobel de la paix congolais Denis Mukwege a exprimé sa ferme opposition à toute tentative de révision constitutionnelle visant à permettre un éventuel troisième mandat présidentiel en République démocratique du Congo.
Dans une déclaration rendue publique ce dimanche, il appelle les Congolais à défendre la Constitution et à préserver les principes démocratiques dans un contexte sécuritaire déjà très fragile.
Alors que le second et dernier mandat du Président Félix Tshisekedi doit s’achever en janvier 2029, le débat autour d’une possible modification de la Constitution continue de susciter de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de la société civile.
Dans sa déclaration, Denis Mukwege estime que la RDC traverse une crise existentielle marquée par la guerre dans l’Est du pays, l’insécurité persistante et les difficultés socio-économiques, et que la priorité nationale ne devrait pas être une réforme du nombre ou de la durée des mandats présidentiels.
Le médecin congolais dénonce ce qu’il considère comme une dérive susceptible de mettre en péril les principes de l’alternance démocratique. Selon lui, « aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’attribuer la souveraineté nationale », rappelant que celle-ci appartient exclusivement au peuple congolais.
Le Prix Nobel critique également les discours remettant en cause la légitimité de la Constitution actuelle tout en accusant certains dirigeants de « brader les minerais stratégiques » du pays au profit d’intérêts étrangers sous prétexte de garantir la sécurité nationale.
Dans cette prise de position, Denis Mukwege rappelle que les articles 219 et 220 de la Constitution interdisent toute révision constitutionnelle pendant l’état de guerre, d’urgence ou de siège, et verrouillent notamment le nombre et la durée des mandats du Président de la République.
Il met également en garde contre un éventuel report des élections prévues en 2028 pour des raisons sécuritaires, estimant qu’un tel scénario pourrait ouvrir la voie à une nouvelle crise institutionnelle et accentuer les tensions politiques dans le pays.
Face à cette situation, Denis Mukwege appelle les forces vives de la Nation ainsi que les citoyens congolais à défendre l’État de droit, l’unité nationale et la cohésion sociale, tout en recentrant les efforts sur les défis prioritaires du pays, notamment la restauration de la paix dans l’Est de la RDC.
Concluant sa déclaration par le slogan « Touche pas à ma Constitution », il exhorte les Congolais à rejeter toute tentative de dérive autoritaire et à œuvrer pour une démocratie véritablement respectueuse des textes fondamentaux.
