Kinshasa, 18 mai 2026-Alors que le procès lié à l’assassinat de Patrice Lumumba devait s’ouvrir prochainement en Belgique, Étienne Davignon, ancien diplomate belge poursuivi dans cette affaire historique, est décédé lundi à Bruxelles à l’âge de 93 ans.
Figure majeure de la vie politique et économique belge, il était considéré comme l’un des derniers survivants impliqués dans le dossier de la mort du premier Premier ministre de la République démocratique du Congo (RDC).
Le décès d’Étienne Davignon intervient quelques semaines après la décision du parquet fédéral de Bruxelles, rendue le 17 mars 2026, de le renvoyer devant le tribunal correctionnel. La justice belge estimait que celui qui était alors jeune diplomate à Kinshasa en 1961 avait eu connaissance du projet d’arrestation et d’exécution de Patrice Lumumba.
Le parquet belge l’accusait notamment de « détention et transfert illicite d’un prisonnier de guerre, privation du droit à un procès équitable et traitements inhumains et dégradants ».
Ces accusations s’inscrivaient dans le cadre de l’enquête ouverte depuis plusieurs années sur les responsabilités belges dans l’assassinat de Patrice Lumumba, exécuté le 17 janvier 1961 au Katanga.
Ancien vice-président de la Commission européenne et personnalité influente du monde économique belge, Étienne Davignon a marqué plusieurs décennies de vie institutionnelle en Europe. Son nom demeurait toutefois associé au dossier Lumumba, considéré comme l’un des épisodes les plus sensibles de l’histoire entre la Belgique et la RDC.
Patrice Lumumba, héros de l’indépendance congolaise et premier chef du gouvernement après l’accession du pays à la souveraineté le 30 juin 1960, avait été arrêté dans un contexte de fortes tensions politiques internes et internationales avant d’être exécuté quelques mois seulement après l’indépendance du Congo.
La disparition d’Étienne Davignon pourrait désormais avoir des conséquences sur la procédure judiciaire engagée en Belgique autour de cette affaire historique qui continue de susciter débats et demandes de vérité en RDC comme en Europe.
