Kinshasa, 25 mai 2026-Auditionné le 30 avril 2026 devant la commission ÉCOFIN-BG du Sénat, le président du conseil d’administration de la Régie des Voies Aériennes (RVA-SA), Tryphon Kin-kiey Mulumba, a brisé le silence sur ce qu’il qualifie de dysfonctionnements persistants au sein de l’entreprise publique chargée de la gestion des infrastructures aéroportuaires du pays.
Dans un document transmis aux sénateurs, le PCA affirme que plusieurs décisions stratégiques prises par le conseil d’administration seraient systématiquement bloquées depuis trois ans par la direction générale de la RVA-SA, empêchant l’exécution de projets jugés prioritaires pour la sécurité et la modernisation des aéroports congolais.
Le dossier le plus sensible concerne la sécurité aéroportuaire.
Selon Kin-kiey Mulumba, un contrat conclu avec la firme britannique Westminster, signé officiellement en présence de responsables congolais et britanniques, n’a jamais été exécuté malgré l’implication de la présidence de la République. Le PCA estime que la mise en œuvre de ce partenariat aurait pu contribuer à éviter certaines failles sécuritaires observées à l’aéroport de Goma.
Le président du conseil d’administration a également alerté sur le retard accumulé dans la mise aux normes des installations aéroportuaires exigées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Une situation qui compromettrait aujourd’hui la certification de plusieurs infrastructures aériennes du pays, dont une cinquantaine d’aéroports internationaux, nationaux et aérodromes.
Sur le plan financier, Tryphon Kin-kiey Mulumba révèle que près de 156 millions de dollars de créances demeurent non recouvrés, alors que l’opération avait déjà été validée par le conseil d’administration. Aucune justification claire n’aurait été donnée concernant le blocage de ce processus.
Le PCA a aussi dénoncé l’arrêt de deux projets pourtant financés et approuvés. Il s’agit notamment du nouveau siège de la direction générale, pour lequel trois millions de dollars auraient déjà été débloqués, ainsi que d’un centre médical dont les travaux n’ont jamais commencé malgré un financement de 816 000 dollars engagé depuis deux ans.
La question sociale a également été abordée durant cette audition. Selon Kin-kiey, un crédit de 30 millions de dollars destiné aux retraités et aux familles des agents décédés n’aurait pas été entièrement distribué. Plusieurs bénéficiaires, certains en attente depuis des décennies, dénonceraient des paiements incomplets ou l’absence totale de prise en charge.
Face aux sénateurs, le PCA de la RVA-SA a finalement pointé ce qu’il considère comme un problème structurel au sein de l’entreprise publique. « Le conseil d’administration passera, les forces de barrage de la direction générale resteront », a-t-il déclaré, dans une sortie qui met en lumière les tensions internes au sommet d’une société stratégique de l’État congolais.
