Kinshasa, 27 mai 2026- Évêque et archevêque de l’Église de réveil, Ejiba Yamapia assume désormais ouvertement sa position dans le débat autour d’un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo. Invité mardi dans un live Space organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le responsable religieux a défendu sans détour l’idée d’une réforme constitutionnelle, tout en rejetant l’accusation d’un projet taillé uniquement pour prolonger le pouvoir du président Félix Tshisekedi.
Face aux questions insistantes sur sa responsabilité historique dans une éventuelle ouverture vers un troisième mandat présidentiel, Ejiba Yamapia a revendiqué sa liberté d’opinion et son engagement assumé. « Le leadership, c’est la capacité d’assumer ses convictions », a déclaré le prélat, refusant de se dérober sur un sujet devenu explosif dans le débat politique congolais.
L’archevêque estime toutefois que la discussion autour d’une nouvelle Constitution est volontairement orientée autour de la personne du chef de l’État.
Selon lui, le véritable enjeu ne devrait pas être le maintien ou non d’un homme au pouvoir, mais plutôt l’avenir institutionnel du pays. Il appelle ainsi ses sympathisants à éviter toute campagne personnalisée autour de la réforme constitutionnelle.
Pour Ejiba Yamapia, le débat doit être recentré sur trois priorités : la souveraineté nationale, le développement de la RDC et l’amélioration des conditions de vie des Congolais. À ses yeux, réduire cette question à un calcul électoral ou à la survie politique d’un dirigeant affaiblit la portée de la réflexion nationale.
Le chef religieux a également avancé un argument juridique qui suscite déjà de vives réactions dans les milieux politiques et académiques. D’après lui, si la Constitution actuelle venait à être profondément modifiée au point d’être reconnue comme un nouveau texte fondamental, les compteurs des mandats présidentiels seraient automatiquement remis à zéro.
« On ne parlerait plus du troisième mandat, mais du premier mandat de ce nouveau régime constitutionnel », a-t-il soutenu, évoquant une logique de rupture institutionnelle qui, selon lui, changerait complètement l’interprétation des limitations actuelles.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes autour de l’avenir de la Constitution congolaise, alors que plusieurs voix de l’opposition et de la société civile dénoncent déjà toute tentative de révision susceptible de favoriser un maintien prolongé du pouvoir en place.
