Kinshasa, 3 juin 2026.- Les États-Unis ont annoncé, le 2 juin 2026, de nouvelles sanctions ciblées contre deux hauts responsables de groupes armés actifs dans l’est de la République démocratique du Congo.
Les personnes visées sont Gustave Kubwayo, alias « Colonel Sirkoof », commandant d’une unité de renseignement et d’opérations spéciales des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ainsi que John Imani Nzenze, chef du renseignement du mouvement rebelle M23.
Selon le Département américain du Trésor, ces deux responsables sont accusés de contribuer à la poursuite des violences, aux atteintes aux droits humains et à l’instabilité persistante dans l’est de la RDC. Washington estime que les activités des groupes armés continuent d’alimenter une grave crise humanitaire et de compromettre les efforts de paix engagés dans la région.
Les sanctions prévoient notamment le gel de tous les avoirs détenus sous juridiction américaine par les personnes concernées, ainsi que l’interdiction pour les citoyens et entités américaines d’effectuer des transactions avec elles.
Dans son communiqué, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a réaffirmé les exigences de Washington envers les parties impliquées dans le conflit. Les États-Unis demandent à la RDC de poursuivre les efforts visant à neutraliser les FDLR et leurs groupes affiliés, tandis que le Rwanda est appelé à retirer ses troupes du territoire congolais et à mettre fin à tout soutien au M23, conformément aux engagements contenus dans les Accords de Washington signés en décembre 2025.
Ces nouvelles mesures s’inscrivent dans la continuité de la politique de sanctions déjà engagée par Washington contre plusieurs acteurs du conflit. En mars 2026, les États-Unis avaient sanctionné la Rwanda Defence Force (RDF) ainsi que quatre hauts responsables militaires rwandais, accusés d’avoir soutenu et combattu aux côtés du M23 dans l’est de la RDC.
Parmi les personnalités visées figuraient notamment le chef d’état-major de l’armée rwandaise, le chef de la défense, le commandant des forces spéciales et le commandant de la 5ᵉ division d’infanterie. Washington estimait alors que les avancées militaires du M23 n’auraient pas été possibles sans l’appui direct de l’armée rwandaise.
Avant cela, en février 2025, les États-Unis avaient déjà imposé des sanctions contre le général James Kabarebe, alors considéré comme l’un des principaux relais du soutien rwandais au M23, ainsi que contre le porte-parole du mouvement rebelle Lawrence Kanyuka.
Alors que les initiatives diplomatiques se multiplient pour ramener la paix dans la région des Grands Lacs, Washington affirme vouloir utiliser l’outil des sanctions pour contraindre toutes les parties à respecter leurs engagements et favoriser une résolution durable du conflit qui continue de faire des milliers de victimes et de déplacés dans l’est de la RDC.
