Butembo, 6 juin 2026- Dans un message intitulé « Nous voulons d’abord la paix », l’évêque du diocèse de Butembo-Beni, Mgr Sikuli Paluku Melchisédech, a exprimé sa profonde préoccupation face à la dégradation de la situation sécuritaire dans la région et a appelé les autorités congolaises à faire de la restauration de la paix leur priorité absolue. Dans ce document de compassion, d’interpellation et d’exhortation, le prélat affirme que le diocèse de Butembo-Beni est confronté à une insécurité devenue presque endémique.
Il évoque notamment l’occupation d’une partie de la zone pastorale sud par des forces étrangères alliées à l’AFC/M23, tandis que la partie nord continue de subir des attaques meurtrières attribuées aux ADF-Nalu.
L’évêque rappelle plusieurs massacres récents, notamment à Beni, Mbau, Biakato et Makumo, ainsi que l’assassinat de trois policiers à Kirima, dans le territoire de Lubero. Au nom de l’Église catholique, il présente ses condoléances aux familles des victimes et leur assure sa proximité spirituelle.
Au-delà des violences armées, le diocèse déplore également la montée du banditisme urbain et périurbain à Butembo et à Beni, l’instabilité persistante dans les zones rurales, les difficultés rencontrées dans les secteurs de l’éducation et de la santé ainsi que les conséquences de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo.
Mgr Sikuli critique par ailleurs ce qu’il considère comme un décalage entre les préoccupations des responsables politiques et les attentes de la population.
Selon lui, alors qu’une partie du territoire national demeure sous occupation et que les populations de l’Est continuent de subir les violences armées, les débats sur un éventuel changement de la Constitution ne devraient pas constituer la priorité du moment.
Le message estime que les institutions du pays, notamment la Présidence, le Gouvernement, l’Assemblée nationale et le Sénat, devraient concentrer leurs efforts sur la recherche de solutions aux problèmes sécuritaires et sociaux qui affectent les Congolais.
Face à cette situation, l’évêque appelle le Président de la République à œuvrer avant tout pour le rétablissement de la paix sur l’ensemble du territoire national. Il exhorte également les députés et sénateurs à placer l’intérêt général au-dessus des considérations politiques et à répondre aux aspirations profondes de la population.
