Kinshasa, 30 juillet 2025- La coalition d’opposition Lamuka a vivement réagi à la récente vague d’attaques meurtrières perpétrées dans l’Est de la RDC par les rebelles ougandais des ADF. Selon les chiffres communiqués, plus de 115 civils ont été tués en l’espace de trente jours, dans ce que le mouvement qualifie d’inaction alarmante de la part des autorités de Kinshasa.
Intervenant sur les ondes de Top Congo FM ce mercredi, Prince Epenge, porte-parole de Lamuka et président de l’ADDCongo, n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « barbarie persistante », dénonçant un silence complice du gouvernement congolais face à ces atrocités.
« Une centaine de civils ont été égorgés en un mois. Rien ne semble arrêter les rebelles, ni la Monusco, ni les opérations dites conjointes avec l’armée ougandaise sous le label Shujaa. C’est une tragédie devenue routine, et c’est inacceptable », a-t-il déclaré avec véhémence.
La coalition précise que 66 personnes ont été massacrées entre le 6 et le 9 juillet. À cela s’ajoutent les 50 victimes tuées par égorgement durant la nuit du 26 au 27 juillet, dans la région de Moka, en Ituri. Les assaillants identifiés comme appartenant aux Forces démocratiques alliées (ADF) continuent leurs exactions malgré les dispositifs militaires annoncés.
Devant cette situation, Lamuka exige des explications précises sur l’identité réelle de ces groupes armés et les réseaux qui les soutiennent. « Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Qui les arme ? Pourquoi les massacres persistent malgré tous les dispositifs de sécurité annoncés ? », s’est interrogé Prince Epenge.
La coalition met en cause la présidence de la République, soulignant que celle-ci cumule actuellement les pouvoirs exécutifs selon les dispositions constitutionnelles en vigueur. Elle fustige un silence institutionnel incompréhensible face à la gravité de ces massacres à répétition.
En guise de protestation et pour honorer la mémoire des victimes, Lamuka appelle la population congolaise à observer trois jours de deuil national. Ce moment de recueillement vise à briser l’indifférence généralisée et à interpeller les décideurs nationaux et les partenaires internationaux.
« Il est temps que la famille politique du président Tshisekedi rende des comptes. On ne peut plus tolérer que des Congolais soient massacrés dans l’indifférence », a martelé Prince Epenge. La coalition conclut en appelant la communauté internationale à regarder en face ce « drame humain largement ignoré » qui continue de décimer des innocents dans l’est du pays.
