Kinshasa, 08 août 2025- Le président de la République, Félix Tshisekedi, a présenté la composition du nouveau gouvernement, baptisé Suminwa II. L’annonce officielle a été faite jeudi 7 août sur la RTNC, par la voix de sa porte-parole, Tina Salama, qui a lu l’ordonnance correspondante.
Cette équipe remaniée conserve plusieurs figures déjà présentes. Jacquemain Shabani, Jean-Pierre Bemba Gombo, Guy Kabombo Muadiamvita, Daniel Mukoko Samba, Doudou Fwamba, Jean-Pierre Lihau, Didier Budimbu et Thérèse Kayikwamba Wagner restent à leurs postes. Une nouvelle entrée notable est celle d’Adolphe Muzito, nommé vice-premier ministre et ministre du Budget.
Certains portefeuilles changent toutefois de mains. Muhindo Nzangi quitte le Développement rural pour prendre la tête de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire. Aimé Boji Sangara passe du Budget à l’Industrie. Ève Bazaiba Masudi, elle, échange l’Environnement contre les affaires sociales, l’action humanitaire et la solidarité nationale.
Le ministère de la Justice sera désormais dirigé par Guillaume Ngefa-Atondoko Andali. Quant au portefeuille de l’Environnement et du Développement durable, il revient à la professeure Marie Niange Ndambo, qui succède à Ève Bazaiba.
Trois autres nominations retiennent l’attention, celles d’Eliezer Ntambwe qui devient ministre délégué en charge des Anciens combattants, tandis que Floribert Anzuluni, ancien candidat à la présidentielle de 2023, prend les rênes du ministère de l’Intégration régionale. De son côté, la servante de Dieu Grâce Kutino est nommée ministre de la Jeunesse.
Ce changement d’équipe s’inscrit dans une dynamique amorcée dès mars dernier. Sur instruction du chef de l’État, le professeur Cashmir Eberande Kolongele, conseiller spécial en sécurité, avait engagé des consultations avec divers acteurs politiques. Présentées par certains comme un processus « made in Union sacrée », ces discussions visaient la formation d’un gouvernement d’union nationale, mais sans la participation des principales forces d’opposition.
Dans le contexte actuel, plusieurs voix réclament un dialogue national inclusif sous l’égide de la CENCO et de l’Église du Christ au Congo, via le projet « Pacte social pour la paix ». Selon ses partisans, les seules initiatives diplomatiques, qu’elles soient régionales ou internationales, ne suffisent pas à régler la crise sécuritaire et les tensions internes.
L’Union sacrée pour la Nation, coalition du président Tshisekedi, conserve cependant un poids politique majeur. Elle reste largement majoritaire au sein de l’Assemblée nationale, du Sénat, ainsi que dans la plupart des institutions, tant au niveau national que provincial.
